La Blogothèque

The Colourfield – Virgins and Philistines

Le sujet du billet aujourd’hui, c’est moi. Ou plutôt mon site. Car que se passe-t-il quand on tape virgins and philistines dans sa barre Google ? ça, l’incroyable consécration d’un minuscule billet écrit à mes débuts sur ce disque trouvé dans un dépôt-vente. Evidemment je plaisante, même si l’anecdote sur Google est vraie (*). Il n’empêche que depuis sa publication, ce tout petit billet fait office de balise pour quelques égarés de l’Internet sur la trace de leurs souvenirs, contents de voir qu’il y a comme eux quelqu’un pour connaître et apprécier ce disque.

Ce disque, quand je l’ai sauvé, végétait en compagnie de vieilleries disco et d’albums de Julien Clerc. Je n’avais jamais entendu aucun morceau du groupe, j’avais juste en tête une critique tristement cruelle de leur deuxième album, Deception , lue bien des années plus tôt et où il était question d’un type bien fou d’appeler son album ainsi. Ce type, c’était Terry Hall.

The Specials-> http://www.allmusic.com/cg/amg.dll?p=amg&uid=MIW040602221519&sql=11:vx8ibk096ak0~T1], [Fun Boy Three-> http://www.allmusic.com/cg/amg.dll?p=amg&sql=11:3zkqoaqabijb~T1] et même [The Colourfield, les débuts de Terry Hall ont été couronnés de succès. Il semble juste qu'il n'ait jamais cessé de le fuir. Au sommet de leur gloire il lâche The Specials pour fonder, avec deux autres membres du groupe, Fun Boy Three . Le groupe marche bien mais là encore Terry Hall arrête après deux albums et forme The Colourfield avec Karl Shale et Toby Lions.

[Virgins and Philistines -> http://www.allmusic.com/cg/amg.dll?p=amg&sql=10:dm4zefykhgf2] est leur premier album. Thinking of you , la première capsule de fraîcheur en ouverture du disque donne le ton : de la pop limpide hors des modes servie par la voix élégamment désabusée de Terry Hall. Loin de se cantonner à la pop indie, lui et ses accolytes occupent tout le champ de la musique populaire ce qui rend le disque assez difficile à classer. Bossa, cabaret, on pense parfois à Prefab Sprout en moins léché, ou à un Jarvis Cocker sobre sur ce Castles in the air aux allures de classique pop.

Après l’épisode Colourfield, Terry Hall a poursuivi une carrière solo erratique gagnant patiemment ses galons de grand espoir déçu de la pop britannique. Mais ses fans ne l’ont jamais oublié, qu’il s’agisse de Tricky qui l’a invité sur son project Nearly God ou bien Damon Albarn qui reconnaît en lui une des plus fines plumes du royaume. Le leader de Blur l’a signé sur son label et on a retrouvé Terry Hall en compagnie de Mushtaq pour un album sorti en 2004 et à ce qu’il paraît des plus réussis.

* merci à l’internaute qui me l’a signalé.