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Islands: le retour des Unicorns

Il y quelques mois nous vous annoncions avec des trémolos dans le pixel la séparation des Unicorns. Ces Canadiens, auteurs de l’unique et indispensable “Who Will Cut Our Hair When We’re Gone ?”, avaient apparemment fait le tour de la question. Après tout pourquoi pas… On en aurait pas voulu tant que ça à Grandaddy ou à Pavement s’ils avaient su s’arrêter avant de se répéter. Bref les Unicorns ont peut-être eu raison de se séparer finalement. Et ils ont eu encore plus raison de se reformer !

Car après (ou avant, c’est selon) l’épisode hip-hop de Th’Corn Gangg, Nick Diamonds et J’aime Tambeur (Nicholas Thornburn et Jamie Thompson sur leur passeport) ont décidé de remettre le couvert sous le patronyme Islands. Bon disons le tout de go, l’album “Return To The Sea” (annoncé pour avril chez Rough Trade) n’atteint pas les sommets enfiévrés de l’album des Unicorns. Sur ce deuxième essai, Diamonds et Tambeur ont gagné en maturité ce qu’ils ont peut-être perdu en spontanéité bordélique. Un peu comme si Brian Wilson était passé de la folie créatrice de Smile à la rondeur mélodique de Today. Mais aussi vrai que la discographie primitive des Beach Boys déborde de pépites enfouies dans le bac à sable, le disque d’Islands a ses moments de bravoure. A commencer par “Swans (Life After Death)”, le morceau d’ouverture. Une pièce de 10 minutes toutes guitares dehors qui lorgne vers Built To Spill, le côté épique en plus.

Le reste de l’album d’Islands est un capharnaüm baroque tantôt lyrique (“Humans”), tantôt jazzy (“If”), tantôt les deux (“Volcanoes”). Avec une petite incursion dans le hip-hop sur “Where There’s a Will There’s a Whalebone” avec l’excellent Subtitle pour rappeler que l’épisode Th’Corn Gangg n’est pas mort-né. Au final “Return to the Sea” est un disque dense -comme disent les critiques littéraires. Les violons et les hautbois ont remplacé les “blong-blongs” des machines du premier album pour un résultat convaincant qui donne à l’ensemble une épaisseur que n’avaient pas les compositions des Unicorns.

On regrettera toutefois l’absence d’une locomotive, d’une chanson phare, d’un magnus cantio… d’un single quoi ! Et pourtant ils en avaient en stock les Canadiens. Pourquoi ne pas avoir mis sur l’album les excellentes “Flesh”, “Abominable Snow” et “I Feel Evil (Creeping In)” enregistrées en 2005 et disponibles -Dieu merci !- sur les mp3 blogs depuis plusieurs mois ? Car le disque a un arrière-goût d’inachevé, l’impression que Diamonds et Tambeur en ont gardé un peu sous le coude. De quoi alimenter un deuxième album ? Sans doute… s’ils n’ont pas re-splité d’ici là. Et pour le coup on leur en voudrait vraiment.

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