La Blogothèque

Antonio Carlos & Jocafi

Je suis attiré par les duos en ce moment. Après Alzo & Udine , c’est Antonio Carlos et Jocafi . Derrière ce nom de scène énigmatique se cache deux brésiliens à l’allure bonhomme. Tout le monde en France connaît une de leur chanson. Je vous la chante :

Fais comme l’oiseau

Ca vit d’amour et d’eau fraîche un oiseau

Et jamais rien ne l’empêche l’oiseau

D’aller plus haut

Ok j’arrête.

Você abusou , la version originale donc, ouvre leur premier album, Mudei de Idéia . J’ai été un peu surpris de l’entendre là, je la situais quelques albums infréquentables plus loin. Mais ça m’a forcé à y jeter une oreille plus ouverte et je me suis pris finalement à aimer cette version, beaucoup moins exaltée que celle de Michel Fugain et aux chœurs particulièrement doux. Mais pour moi Mudei de Idéia était l’album de Kabaluere , un morceau associé à quelques mots-clés comme guitares psychés, samba, pop et afro-funk en un mélange parfaitement ludique et accessible. Le genre de morceau qui vous transforme en Disc-Jockey malgré vous.

C’est ça Antonio Carlos et Jocafi , le mélange des genres. D’un côté la mélodie internationale aisée à mémoriser et sans doute beaucoup moins facile à trouver, de l’autre des brûlots à moitié rigolards comme cet Hipnose de cirque qui singe malignement la folie 70′s. Irrésistible. Parfois Antonio Carlos et Jocafi agrémentent les cuivres, percussions et basses rondes de cris terribles de mouette échouée et c’est particulièrement jouissif.

La fusion Carlos&Jocafi, qui s’adresse aux jambes et fait rigoler la tête, irrigue de son dosage unique les deux faces de ce disque. Vous aurez malheureusement du mal à le trouver en CD. Le second Cada segundo n’est pas plus facile à dégoter. Il contient Simbarere , un morceau d’afrofunk latin mainte fois compilé que j’avais depuis des années sur une compilation nommée Club Africa 2 (chez Strut) sans jamais penser qu’il puisse s’agir de brésiliens ! Pour faire court la discographie d’Antonio Carlos et Jocafi disponible dans le monde occidental fait pitié. Un peu injuste pour un groupe au réel succès populaire qui a entre autres terminé deuxième au festival mondial de la chanson populaire. C’était en 1976 à Tokyo.