La Blogothèque

Townes Van Zandt

J’ai découvert Townes Van Zandt grâce aux Tindersticks, lorsqu’ils ont somptueusement repris Kathleen sur un EP, au cœur des années 1990. Après, j’ai appris que Townes Van Zandt était mort alcoolique en 1997. Pas grand chose de plus. Cet automne j’ai acheté un double cd de Van Zandt, sobrement intitulé Legend , parce qu’il y avait la version originale de Kathleen dessus. Mais j’ai laissé le disque de côté et je ne l’ai pas écouté. Et puis j’ai passé le nouvel an à Berlin, et j’ai vu que passait là-bas dans un cinéma de Kreuzberg, le Babylon pour être précis, un documentaire sur ce folk singer texan. Un film qui a repris le nom d’une de ses chansons, Be Here To Love Me . On y découvre un être voué corps et âme à la musique, une âme romantique et passionnée, excessive, se désintéressant du succès et de la gloire, aimant sa guitare, l’alcool et la drogue. Les animaux et les fusils aussi, car c’est au Texas que ça se passe. On entend dans le film des chansons désolées comme des paysages sans espoirs. Lorsque Van Zandt épouse sa première femme, elle s’attend à une belle chanson d’amour. Il lui présente Waiting around to die , une complainte de joueur alcoolique traînant dans les casinos en attendant la mort. Des chansons sèches ou arrangées de superbes cordes qui ont tant inspiré les Tindersticks. Van Zandt était fou et malade, et il est mort jeune, alors que Steve Shelley de Sonic Youth était en train de produire son nouvel album. Il reste ses chansons, dont certaines, popularisées par des gloires de la country comme Willie Nelson ou Emmylou Harris, lui ont permis de survivre et d’assurer une existence confortable à ses enfants. Ces chansons sont toutes de belles folk songs, à la mélodie aisément sifflable et aux paroles désespérées ou d’un humour glaçant. Ce sont pour la plupart des histoires d’amour contrarié ou d’errances alcoolisées. Van Zandt est le précurseur de Will Oldham et de la mouvance néocountry qui a fait flores au cours des quinze dernières années. C’est un auteur important, et les distributeurs français seraient bien inspirés de montrer Be Here To Love Me sur les écrans de notre beau pays.