Non, non, je n’avais pas prévu de faire un post sur Gilberto Gil aujourd’hui ou sur un quelconque truc brésilien d’ailleurs, mais voilà qu’en parcourant la une de Libération je lis ce titre, « Caetano Veloso a pris la tête de la protestation contre le ministre de la Culture ». Le ministre de la culture, Gilberto Gil .
Caetano Veloso critique-t-il son ami, usant d’une sorte de droit de vigilance autorisé par le code de l’amitié, ou simplement le ministère, difficile de le savoir réellement. Ma connaissance du portugais est nulle et la traduction proposée par google de ces deux textes trop approximative pour dissiper mes interrogations. Allez, il y a peu de chance que ces deux là se fâchent à mort, même si on a déjà vu les responsabilités politiques briser des amitiés vieilles de trente ans. Mais leurs liens sont assez forts pour dépasser cet épisode.
Au début des années 70, après quelques mois de prison, Caetano Veloso et Gilberto Gil sont chassés du Brésil. Il finissent par se poser à Londres où Caetano déprime tandis que Gilberto s’éclate. Plus musicien dans l’âme, il voit sans doute dans cet exil forcé l’opportunité d’élargir ses horizons musicaux. Il va de concerts en concerts, parcourt Londres, s’imprègne de son atmosphère. Ralph Mace, le producteur du petit label Famous G propose à Caetano et Gilberto de faire chacun un disque. Ils seront le reflet de leur expérience londonienne. Quand le disque de Caetano est marqué par la douleur de l’exil et la confrontation des cultures, celui de Gilberto Gil présente le visage harmonieux d’une fusion réussie entre racines latines et influences folk-rock. Jeu de guitare plein de feeling, accompagnement qui ne fait qu’effleurer : Gilberto Gil semble sur un nuage. Le résultat est un beau disque caressant et bucolique, comme si Gilberto Gil n’avait retenu de Londres que ses parcs apaisants et le sourire des filles.
Le disque est assez cher en CD et plutôt difficile à trouver en vinyle mais j’ai eu de la chance : je suis tombé dessus cet été sur ebay et ayant été le seul à enchérir, je l’ai obtenu pour rien. Le vendeur était sûr d’avoir vu « le type sur la pochette » jouer dans le métro Londonien à l’époque de la sortie du disque. Il n’avait pas suivi sa carrière. C’est pour cela qu’à la fin de l’enchère, il m’a posé la question : « au fait, vous savez ce qu’il est devenu ? « .
PS : en parfait complément de ce post, quelques morceaux de Caetano Veloso de la même période sur Moistworks.





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