J’ai passé des heures à exhumer tous ces disques achetés tout au long de l’année, me suis installé devant ma chaîne avec une théière, un cendrier (faut vraiment que j’arrête) et réécouté, en vue d’en sélectionner une dizaine, tous ces albums qui ont fait, pour moi, l’année 2005. Mais puisqu’on n’écoute pas seulement les albums d’une année au cours de ladite année et que le bilan de la blogothèque est déjà paru, l’idée a fait long feu. Voici donc, avec un peu de retard, les quelques albums et morceaux, pas nécessairement de 2005, qui ont marqué mon année 2005.
Le premier morceau, c’est Ti amo de Umberto Tozzi . Une danse amoureuse au cours d’un réveillon passé à Rome dans un théâtre du trastevere. No comment, c’est juste sentimental et musicalement ben… c’est juste sentimental, donc je vous en fais l’économie. Peut-on rebondir musicalement après ça ?…
Le second choix, c’est The world at large
de Modest mouse . Sorti en 2004, il m’a fallu quelques temps pour me familiariser avec Good ‘News For People Who Love Bad News’, déjà sixième album du groupe, mais qui une fois apprivoisé a agrémenté une semaine de retraite dans la région du lac de Côme en février, dans un petit chalet avec terrasse sur le toit, accroché à la falaise dominant les lacs. Du repos, des agapes, du froid, du soleil et mon amoureuse enceinte de 1 mois et ½. Modest mouse, mais aussi Funéral d’Arcade Fire et Take Foutain des Wedding Present , dans l’autoradio sur ces petites routes sinueuses et encombrées où défilent les couleurs orangées de l’hiver finissant, un bonheur…
Un peu plus tard dans l’année, cette même amoureuse, alors enceinte de 4 mois, m’a kidnappé pour passer cinq jours à New York. Premiers pas en Amérique avec dans les oreilles un groupe naturellement originaire de New York, The Walkmen – que ce voyage était bien préparé ! Ce quintette doit son existence à l’échec commercial des éphémères Jonathan fire eater qui avaient été signés par Dreamworks. Nouveau départ pour trois d’entre eux vers l’indépendance, construction de leur propre studio à Harlem pour prendre le temps de l’expérimentation et deux albums, en 2002 et 2004 Everyone Who Pretended To Like Me Is Gone chez Talitre records et Bows and Arrows chez Record Collection 2004. A l’heure où les circuits de distribution de la création musicale font l’objet de débats passionnés devant le Parlement, ça donne à réfléchir… C’est vraiment excellent et à la différence de pas mal de groupes de rock issus de la scène new yorkaise je ne m’en lasse pas : mélodies et morceaux destructurés, son rapeux, influences hétéroclites, à, l’image de ce morceau, Everyone Who Pretended to Like Me Is Gone
qui est toutefois bien loin de résumer la musique du groupe.

Fini les voyages en avion pour la fin de l’année 2005 à compter de juin pour cause de bébé à venir. Plus d’avion donc mais toujours un autoradio pour s’échapper de Paris, l’espace d’un week-end ou d’une semaine. La voiture ça pue et ça tue mais ça a tout de même du bon pour écouter de la musique (au hasard, Horses in the sky de The Silver Mount Zion Orchestra & Tra La La Band , The invisible invasion de The coral , la peel session de Mogwaï et Satan’s circus des Death in vegas )…
Après un été studieux et quelques échappées en Bretagne, est venu le temps de la préparation de l’arrivée de ma fille. Au programme, les traditionnels travaux de peinture et de réaménagement que j’ai bien entendu effectués en musique (13 & god , Takk de Sigùr Ros , The rescue d’Explosion in the sky , Clap your hands and say yeah , In case we die d’Architecture in Helsinky ). Pour passer le temps, mais aussi pour former sans attendre l’oreille de cette future enfant à autres choses que l’armada musicale d’Universal et autres produits télévisuels dérivés.
On lui en plus préparé à cet effet une compilation dont je vous livre trois extraits d’albums sortis en 2005 ( Don’t ask me to dance
d’Arabstrap , The pioneers
de M83 remixant Bloc party et What if we are
d’ Echo and the bunnymen ). J’aime à croire que cet exercice n’est pas vain mais il est encore trop tôt pour le dire. Un beau combat à mener en perspective.
Notre fille est née le 21 octobre et depuis c’est plutôt Anne Sylvestre à la maison, mais là encore je vous en fais l’économie…





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