Écrire sur un blog ou un webzine musical offre parfois des conséquences inattendues. Par exemple, vous vous retrouvez fréquemment ajouté à des listes de diffusions sans que l’on vous ai demandé votre avis. Message important à cette part inéduquée et justement méprisable de notre lectorat, fraction malheureusement non nulle : aussi palpitant que paraisse votre CD de chants de marins bretons ou votre émission de radio associative grenobloise sur le rock indé australien des 90s, nous ne parlerons jamais , par principe, des initiatives au sujet desquelles nous avons été inondé de spam non sollicité (pléonasme). Et si notre demande de dés-inscription est accompagnée d’insultes à votre égard ou à celle de votre incompétent environnement familial, ne venez pas sangloter.
Cependant, il existe une catégorie de gens qui ont toute notre sympathie : ceux qui nous envoient des courriels personnalisés, nous invitant à découvrir leurs créations (sans pièce jointe de 4 Mo). Parmi eux, tous ne remportent pas nos suffrages, mais je voudrais aujourd’hui offrir un petit coup de pouce à deux groupes éminemment prometteurs.
J’ai fait la connaissance de Frank, de Lobster, lors du Fightpod de novembre dernier. A la toute fin de la soirée, il a combattu vaillamment en diffusant un « Borderline » d’anthologie, suivi d’un titre de son groupe, même pas mal enregistré sur un 4 pistes dans sa chambre. Il a fallu qu’il nous informe que Lobster est encore un groupe autoproduit (plus pour longtemps, souhaitons-le lui) pour le croire.
Ecoutez Rock my Days et le reste de leur E.P. sur leur site.
Si la musique de Lobster est diablement entraînante, avec une production impeccable qui la place nettement hors du tout-venant des groupes non signés, je dois avouer que le timbre grave de Frank lorsqu’il chante, qui m’évoque les sombres déclamations d’Interpol, gâche pour moi le plaisir que la complète réussite qu’est cet E.P. pourrait légitimement m’apporter. J’aurais apprécié un peu moins de testostérone, mais après tout ce n’est pas parce que je suis une chochotte que vous ne devez pas vous faire votre propre avis. Ce groupe a de l’énergie à revendre, et sait écrire une bonne chanson… que dis-je, trois bonnes chansons !
The John Merrick Experience n’a rien à voir->140] avec certain chanteur brusselo-nantais chauve, mais le clin d’œil n’est pas passé inaperçu. Je sais peu de chose sur ce groupe, proposé par un discret courriel, mais sa biographie évoque un « clever mix of traditional pop rock and electronic music », et j’ai envie d’insister sur ce mot, clever . Nicklord, chanteur de “JME”, est aussi [bloggeur musical à ses heures perdues, et l’on perçoit bien qu’avec ses complices, il a saisi l’air du temps, ce qui peut plaire et ce que l’on a déjà trop entendu.
Les deux titres en écoute sur la page myspace de la John Merrick Experience m’ont véritablement surpris, en bien, par le charme de leur songwriting , l’intelligence des arrangements et la grande tendresse qui se dégage de leur écoute. Enchevêtrer joliment pop et electro sans viser tout à fait à l’electro-pop, et y parvenir, bel exploit tranquille. Un album serait en préparation ; j’espère qu’il tiendra les promesses de ces deux morceaux alléchants et surprenants.





Commenter