La Blogothèque

Rogue Wave

En musique comme ailleurs, il y a les premiers de la classe et les éternels seconds. Ces derniers, ce sont les artistes qui ont beau trousser de belles chansons et des albums charmants mais qui finissent malgré tout par échouer à une petite marche de notre top 10 définitif de fin d’année. Parce que trop… Parce que pas assez… On ne sait pas bien en fait, on se sent toujours un peu coupable de les laisser là mais on les aime bien quand même, parce que leur manque d’originalité est le plus souvent compensé par leur sincérité. Et quand, au bout de 10 ans de carrière mésestimée, ils finissent, amers, par jeter l’éponge, on est les premiers à regretter qu’ils n’aient pas rencontré un succès bien mérité (alors, qu’en réalité, on est un peu responsable nous aussi, le dernier album on ne l’avait même acheté, hypnotisé que l’on était à ce moment-là par ce troublant album de reprises de B-sides de Bob Dylan chantées en esperanto).

Je ne leur souhaite pas mais j’ai bien peur que ce soit le destin tout tracé des Californiens de Rogue Wave . Leur second album vient de sortir chez Sub Pop, intitulé Descended Like Vultures , et s’il a récolté un nombre conséquent de bons papiers, quasiment tous les ont maintenu dans l’ombre des chouchous The Shins ; comme si les uns n’étaient intéressants que pour palier l’absence des autres. Certes il y a pire filiation et de nombreux points de repère, de certains morceaux acoustiques à la pochette pastel, rappellent effectivement leurs collègues de label. Mais ça serait oublier que Rogue Wave a une propension plus nette à dégoupiller des hymnes rock et que les compositions du leader Zach Rogue me semblent plus à rapprocher de la sensibilité romantique de Death Cab For Cutie . Ce qui nous place toujours à la périphérie de ce que l’indie-rock américain fait de meilleur, ceci dit…

Quoi qu’il en soit, Publish my Love et Love’s Lost Guarantee sont deux des chansons les plus entêtantes entendues dans le genre cette année et donnent un bon aperçu d’un album mélodieux qui mérite l’attention.

Pour finir de vous convaincre, je vous propose aussi d’écouter le morceau Everyday , une reprise d’une chanson de Buddy Holly , présente sur la bande originale du jeu vidéo Stubbs The Zombie (un disque où une armada de groupe indés US, dont The Flaming Lips et DCFC, s’amusent à reprendre des standards des années 50-60). Pas du tout intimidé devant ce classique, Rogue Wave se réapproprie la chanson avec aisance, à tel point que le résultat n’aurait pas fait tache s’il avait été inclus dans Descended Like Vultures.

Qui a encore besoin de reprises en esperanto après ça ?

Bonne écoute, à la prochaine.