Orlann divo
, Orlan divo, Orlandivo, il vous faudra tenter toutes les orthographes pour espérer trouver le bonhomme. C’est d’abord sous l’identité d’Orlandivo
que je l’ai connu. Onde anda e meu amor
, un morceau de son album (assez mal) réédité de 77 propose ce son samba soul baigné de Fender Rhodes qui en fait un incontournable des compilations groove sur le Brésil. Encore un morceau dans lequel a trempé João Donato, entre parenthèses.
Onde anda e meu amor est en fait un très vieux titre, un des premiers composés par celui qui se faisait appeler, à l’époque, Orlann Divo . En plein essor de la bossa nova, Orlann Divo développe ce genre parallèle, sorte de Bossa Nova bis pour films d’actions, le sambalanço, mélange dévastateur de bossa survitaminée et de Jazz, entièrement dédié à la danse. Comme il le dit lui-même dans une interview au label WhatMusic qui a réédité ses mythiques exploits 60′s, (…) my thing wasn’t really bossa nova it was samba de balanço; music for people to dance to not just to sit and listen . Je ne sais pas comment mieux vous le décrire que : allez écouter Samba em parallelo et son gimmick assassin et revenez lire la suite.
Sur les pochettes de ses disques des années 60, Orlann Divo ne ressemble à rien, ou plutôt si : on le dirait tout droit sorti de la série Happy-days (comparez avec son allure folle sur la pochette de l’album de 77). Mais surtout, il y a cet air buté du type terre à terre avec qui vous n’allez pas pouvoir jouer à l’artiste. Orlann Divo faisait danser les gens, Orlann Divo ne se prenait pas la tête, pas comme ces musiciens de bossa nova sérieux, those that came from the universities and sat around in wealthy friends apartments in Ipanema you know, playing their violãozinhos, that wasn’t us at all . Ce genre de remarques que nous ressortent depuis que l’art existe tous les « serviteurs du public », ceux qui l’amusent par opposition aux intellectuels qui l’ennuient, pourrait le placer d’emblée dans la catégorie populiste grincheux. Oui mais voilà, Orlann Divo a un talent fou. Son style direct et resserré, porté par des rythmiques rentre-dedans et des vocaux à l’énergie brute, est unique. On est loin de l’easy-listening, plutôt tout près de Jorge Ben , dont Orlann Divo nous apprend comme ça, presque détaché, qu’il l’aurait sans doute assez influencé, assez en tout cas pour que Jorge Ben l’imite un peu à ses débuts et lui propose Mas que Nada . Une filiation évidente sur Beleza et son intro à faire danser les paralytiques. Notons qu’Orlann Divo , pas filou ou pas malin, c’est selon, s’est empressé de refuser l’offre du jeune Jorge Ben . Le genre de geste qui change l’histoire de la musique. Bon, mais ce n’est pas la peine de se prendre trop la tête non plus, je vous laisse aller danser.





Commenter