José Gonzalez. Il fut long à découvrir. J’y suis arrivé un peu tard. Mais ça valait le coup.
LA DECOUVERTE
J’ai mes fixettes, c’est connu. Dernièrement, c’étaient des centaines de milliers de balles colorées qui dévalaient les rues de San Francisco. J’ai suivi leurs aventures grâce à quelques photos, alors qu’elles baignaient encore dans un certain mystère. Puis la publicité pour laquelle elles avaient bondi sur les pentes fit son apparition, le mystère se dissipa. La magie aurait pu elle aussi se retirer doucement. Mais une voix profonde, quelques arpèges ont réussi à la retenir. Et aussi naturellement, je fis glisser mon obsession des images au son.
La chanson : Heartbeats , à l’origine sucrette électro pop d’un groupe suédois, The Knife, ici reprise par un certain José Gonzalez qui, avec une guitare, une voix doublée et un peu de reverb, en fait une balade aussi belle et légère que… des milliers de balles colorées qui rebondiraient au ralenti sur des pentes douces.
JOSE LE SUEDOIS
Il est toujours plus facile d’aimer un artiste dont la vie, les origines, le parcours, ne se révèlent pas facilement, qui arrive à nous comme une boîte savamment élaborée qu’il nous faudra ouvrir avec patience. José Gonzalez en fait partie. Lorsque j’ai entendu une ou deux de ses chansons, connu son nom, je l’ai imaginé comme un vieil artiste vivant sur la ligne entre deux Amériques, dont un label sourcilleux aurait redécouvert les disques. Une espèce de Vashti Bunyan de la cordillère des Andes. Mais non : José Gonzalez est suédois (d’origine argentine), il est jeune et ressemble à Adam Sandler.
Son premier album, Veneer, daterait de 2003, mais n’aurait trouvé son public que depuis sa réédition au printemps dernier. Il a alors été trop discrètement distribué en France, presqu’aussi vite oublié. Si j’ai pu le découvrir aujourd’hui, c’est non seulement grâce à la publicité citée plus haut, mais aussi parce que sa récente tournée aux Etats-Unis a généré un bruit extrêmement enthousiaste sur les mp3blogs américains.
Sur quoi s’enthousiasment-ils ? Sur un homme qui maltraite avec grâce sa guitare classique, qui répète les mêmes arpèges secs et obsédants, qui souligne à chaque note le rapport physique qu’il entretient avec son instrument. Qui y colle une voix profonde, terrienne, souvent doublée. Qui oui, fait penser à Nick Drake pour la force de son dépouillement, sa beauté malgré son aridité.
Des artistes comme José Gonzalez, des musiciens capable aujourd’hui d’enregistrer un disque qui pourrait avoir trente ans, des chansons qui pourraient en avoir cent, qui fait intemporel des tubes plus ou moins superficiels, redonnent foi en la musique, en son mouvement.
PS : J’ai mis trois reprises, certes. Mais le monsieur est doué là dedans. Et je risquais, sinon, de trop déflorer l’album





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