Mon premier est une voix intrigante, à la fois douce et légèrement nasale (Michael Stipe ?).
Mon second est une musique qui aurait pu sortir des studios Capitol de la grande époque : une mélodie infinie soutenue par des arrangements capiteux, mêlant violon et tambourin, guitare et orgue (Righteous Brothers ?).
Mon troisième, ce sont des paroles… inattendues : la lumineuse ballade sixties est en fait une ode au racolage (en substance : « quitte ta femme et passe me prendre dans le bar gay du coin »). A ce niveau, on est au delà de la provocation : oser chanter un hymne existentiel en vocalisant sur le mot « polio », sans aucune ironie perceptible, c’est déjà du grand art (Dennis Cooper pour le nouvel album de Morrissey ? non, attends, là je vois vraiment pas).
Mon tout est un groupe de Toronto – et oui, encore Toronto. Les Hidden Cameras sont les auteurs d’au moins une chanson à l’évidence solaire : Shame , sur l’excellent album The Smell Of Our Own . L’album suivant Mississauga Goddam , quoiqu’un peu moins rigoureusement indispensable à mon goût, confirme qu’on tient là un groupe qui peut compter dans la pop des années 2000.
Ce morceau a bercé mon printemps bas-varois, mes escapades estivales, et l’automne chaleureux qui baigne encore Paris. Puisse-t-il vous réchauffer avant l’hiver !





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