Je ne lis plus beaucoup la presse rock, d’accord, et je ne suis pas non plus le plus assidu des lecteurs des sites musicaux sur internet (hormis la blogothèque, bien sûr), mais il me semble que tout le monde est passé à côté (sauf Allmusicguide) : le plus mini des supergroupes s’est créé cette année et il a enregistré un disque. Je n’en aurais rien su si Technikart n’avait pas mis The Bracken en tête de sa playlist dans le N° de Septembre. Carolyn Allen et Caesar , soit The Wake -> http://www.thewake.freeserve.co.uk/history.htm] et Bobby Wratten , le compositeur-chanteur des [Field Mice se sont réunis pour former The Occasional Keepers . Pour couronner le tout, The beauty of the empty vessel a été produit et enregistré par le producteur historique des Field Mice, Ian Catt .
L’histoire d’amour entre The Wake et les Field Mice ne date pas d’hier. Avant de devenir un des groupes de l’épisode mythique Sarah Records, The Wake
en avait un peu défini les contours sonores au sein de Factory. Mêmes entrelacs de guitares cristallines, même chant distant empreint d’une douce mélancolie, mêmes nappes synthétiques plus douces qu’une couette, même séduction de la ligne de basse, tous les ingrédients développés plus tard par les Field Mice
dans leur suite de 45 tours et mini albums pour le label Sarah, de Fabulous Friend à Canada, se trouvent en germe dans une chanson comme Melancholy man
(Here comes everybody
, Factory, 1985). Elle porte bien son titre, je trouve.
L’album de The Occasional Keepers n’arpente pas tout à fait les même territoires teintés d’apitoiement que j’affectionne chez les Field Mice ou The Wake. Il est plus expérimental, plus éthéré, développe de longues plages instrumentales aux sons éparts, ose la répétition lancinante. Peut-être est-ce la pochette, mais la musique recueillie et souvent minimaliste proposée m’évoque une de ces longues promenades apaisantes au bord de l’océan, quand le vent s’engouffre dans les oreilles au dessus du cache-nez en apportant parfois avec lui les échos lointains de la civilisation. Le beau The Bracken et sa mélodie simple et intemporelle donne un peu le ton de la retenue des parties chantées mais après maints tergiversations, j’ai préféré vous faire découvrir Desire qui n’aurait pas détonné sur Seventeen seconds 25 ans plus tôt.





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