La Blogothèque

Le grâcieux métal de Picastro

Après le gros plan sur Bell Orchestre, vient le deuxième (et dernier) volet de la série « Il y a autre chose qu’Arcade Fire dans leur vie ». Owen Pallett , c’est connu, porte déjà le projet Final Fantasy, loué ici à sa juste valeur, même si on reste libre de trouver qu’Andrew Bird porte cet art du violon, de la pédale de la voix bien plus haut. Le violoniste blond a aussi eu, l’an dernier, la bonne idée de participer à l’enregistrement de Metal Cares , le deuxième album d’un groupe nommé Picastro (très à gauche voire révolutionnaire puisque ce nom serait, selon quelque interprétation relevée sur le Web, le mélange de Picasso et Castro).

Ce groupe, c’est surtout Liz Hysen , une jeune femme de Toronto née de parents sourds, si consciente de la chance d’être entendante qu’elle s’est lancée dans la musique, façonnant un son riche et hanté, un anti-easy listening à côté duquel Radiohead peut être regardé comme un revival des Mamas and Papas. C’est un rock dont les espèces les plus proches sont Cat Power et Movietone, en plus dissonant et rêche. Soyons clair : ce qu’Arcade Fire apporte en espérance de vie par la grâce d’une écoute, Picastro le reprend en moins de temps. Le successeur de Red Blue Eyes (2002) est un album d’automne-hiver qui ne consolera de rien mais sublimera les moments de déprime par son souffle et quelques vrais moments de grâce.

Par ailleurs, l’amour de la musique n’étant rien sans celui de disque, le packaging de Metal Cares mérite à lui seul l’investissement. Un élégant carré de papier calque pour seule pochette, le nom de l’album incrusté en relief sur la face du boîtier, du faux crayon à papier pour les crédits. Un must.

> Un mp3 de Sharks sur le site du nouveau label de Picastro, monotreme records.

> Deux mp3 extraits du premier album chez Pehr records.

> La page consacrée au groupe (dont le site officiel est en chantier) sur le même site.

> Quelques jalons sur l’histoire de Picastro sur Delusions of adequacy.