Il était une fois un gentil chanteur qui travaillait pour une maison de disque américaine. Il jouait dans un college-band nommé Weezer , il avait aussi un blog sur myspace.com, et l’envie toute simple de partager la musique qu’il faisait seul à la guitare dans sa chambre. Des reprises de Harry Nilson ou de Françoise Hardy , qu’il a donc mises en ligne en précisant avec une candeur touchante que comme il ne parle pas français, il chantait « Je changerais d’avis » à l’oreille sans rien y comprendre – le cher ange… Mais la maison de disque américaine, elle, se moquait pas mal de l’angélisme: prétextant d’éventuels problèmes de droit, elle a fait retirer les jolies petites choses, sauf une: « Star-Spangled Banner ». Tragique ironie…
En cherchant un peu, on retrouve la reprise de « Je changerais d’avis » par Rivers Cuomo
: elle est très bien, peut-être meilleure que la version de Françoise Hardy, dont la voix n’est pas faite pour ces grands machins lyriques (l’emo-core des sixties ?). En l’écoutant en compagnie d’un ami italien et mélomane (pléonasme), j’apprends qu’il s’agit en fait d’une chanson de Maurizio Costanzo et Ennio Morricone (rien de moins) créée par la diva Mina, « Se telefonando »
: deux clics plus tard, on découvre un authentique tube vintage, cette fois-ci interprété au courage, comme il convient : du genre qui n’aurait aucunement dépareillé dans le répertoire de Dusty Springfield.
En bonus, une autre excellente reprise par Rivers Cuomo : « Tomorrow »
, le thème de la comédie musicale « Annie » (vous savez, ce générique insupportable sur laquelle les vieilles permanentées qui infestent le voisinage de Serial Mom prennent leur pied en se les faisant lécher par leur caniche, avant d’expier leurs fautes à grands coups de gigot dans les bigoudis). Rivers en fait un tube « minimal FM » très premier degré, on imaginerait presque qu’il a trouvé ça dans le dernier album de KYO. Bref, en son genre, un petit plaisir défendu à déguster sans modération.





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