La Blogothèque

La cohérence selon Tomlab

C’est par Patrick Wolf , chouchou d’une poignée de rédacteurs de la Blogothèque (ce n’est plus un secret), que j’ai fait connaissance, il y a une grosse année de cela, avec le label Tomlab. Mis en contact avec l’un de leurs représentants, je fus mis régulièrement au courant des sorties de cette maison de disques, que je suivais plus ou moins distraitement, laissant passer tel artiste, promettant d’écrire sur tel autre, mais sans jamais faire l’effort d’évaluer la qualité du label sur un panel de sorties.

L’occasion m’en a été donnée par une compilation, reçue la semaine dernière, que j’écoute sans cesse depuis. Elle regroupe des 45 tours sortis depuis un an et demi par le label, dans une même série “Alphabet” : le premier single s’appelait “A”, le second “B”. Ils ont été distribués en Europe, étaient disponibles à la vente sur le site du label, mais introuvables sur Paris. Mais ceci devrait être corrigé très bientôt, et non seulement les premiers disques émis (de A à H), mais aussi les I et J seront en vente dans plusieurs boutiques parisiennes à partir d’octobre.

Ecouter tous ces singles d’une traite fut pour moi l’occasion de découvrir de nombreux artistes qui ne furent pas spécialement mis en lumière ces derniers mois. Ce fut surtout une chance de constater la cohérence artistique qui préside aux sorties de Tomlab. On retrouve chez la plupart de leurs musiciens un même art du minimalisme décomplexé, comme si la maison de disque mettait en place un recueil de méthode pour faire du plein à partir de peu, des outils simples, de la fraîcheur et des envies de grandeur forcément brinquebalantes.

Chez Tomlab, il y a des voix incertaines, des sonorités un peu cheaps, des rythmes qui trébuchent, mais surtout des chansons qui ne se démontent jamais, qui peu à peu, sous nos oreilles, trouvent leur cadence et se mettent à avancer très dignes, avec un sourire encore mal assuré. La charmante, primesautière et maladroite The Planet we live song de Nathan Michel en est sans doute la plus simple illustration. Mais cela peut aussi être débridé et enthousiasmant, comme chez Hank , troublant comme lorsque la voix de Mark Robinson semble se briser à la fin de Stuttgart please please , ou tout simplement bouleversant dans OC de P:ANO . Je ne pensais pas qu’un petit rythme de métronome cheap, qu’un piano jouet avec plein de réverb (je me trompe ?) pourraient me faire un tel effet, et ce dernier groupe est sans doute la plus belle découverte de cette compilation.

Bref, elle n’est pas en vente, cette compilation. Mais toutes les fabuleuses pièces qui la constituent le seront bientôt. Vous seriez bien imprudent de les laisser passer.