Cela fait plus d’un an déjà que Wolf Parade
est annoncé comme “the next big thing from Canada
“. Ca fait long, un an, en terme de hype : un groupe a tout le temps de se séparer quatre fois, de changer la moitié de ses membres, de prendre la grosse tête, d’encaisser un backlash immérité ou au contraire de se dégonfler comme une baudruche. Ou ça laisse suffisamment de temps, tout bêtement, pour pondre un premier album décevant malgré des EPs prometteurs (toute ressemblance avec un groupe ayant réellement existé ou avec les surestimés Bloc Party serait totalement fortuite).
Signé sur Subpop après deux EPs autoproduits et des concerts en première partie d’Arcade Fire, Wolf Parade publie donc la semaine prochaine son très attendu (du moins par moi) premier album, Apologies to the Queen Mary . Et bonne nouvelle : il est tout à fait réussi, Wolf Parade sera donc la star indie de l’automne. Comme pour toutes les parades, à première vue, c’est un peu le bordel, les majorettes y côtoient les chars en forme d’éléphant rose, il faut donc un peu de recul pour bien l’appréhender, mais à l’arrivée l’ensemble parvient à être à la fois foutraque ET cohérent. On y retrouve pêle-mêle une exaltation baroque qui évoque Arcade Fire, l’urgence frénétique qui pulse chez Clap Your Hands Say Yeah, une pincée lo-fi de Modest Mouse (leur leader Isaac Brock a d’ailleurs participé à la production du disque) ainsi qu’une voix qui imite parfois sans vergogne les accents les plus théâtraux de David Bowie. Ne vous enfuyez pas, le mélange est moins effrayant que ça en a l’air.
Le choix des morceaux était délicat vu qu’il n’y a quasiment pas de remplissage et que les 2/3 de l’album mérite largement le détour. J’ai donc opté d’abord pour “Dear Sons and Daughters of Hungry Ghosts
“, mon morceau préféré du disque, tube absolu d’une efficacité surnaturelle sur lequel on pourrait presque danser : vous n’entendrez pas de “la-la-la-la” plus accrocheurs et compulsifs de toute l’année. Ensuite, “Modern World
“, moins pour sa thématique qui trouve écho dans un autre morceau du disque (“We Built Another World
“) que pour comparer cette version avec celle gravée sur le EP épuisé de 2003 : celle-ci était très différente de la future version album, avec des claviers kitch qui font des bruits de rayon laser ; personnellement, je ne suis pas de ceux qui regrettent leur disparition.
Mais ça ne vous dispense pas de l’écoute du reste de l’album, l’un des plus exaltants et exaltés de cette rentrée, j’insiste bien lourdement sur ce point.
Bonne écoute, à la prochaine.





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