Toutes les familles sont psychotiques
, décrétait le livre de Douglas Coupland. Difficile de statuer sur la famille du chanteur Brian Aubert à l’écoute des paroles abstraites du morceau Kissing Families
des Silversun Pickups
mais on a connu des baisers moins vénéneux, des chants d’amour familial moins amers.
Une bise sur une joue, une morsure sur l’autre, la chanson manie à merveille l’art du contrepoint : à la voix écorchée et angoissée d’Aubert répondent en écho les chœurs éthérés de la bassiste Nikki Monninger ; à chaque bouillonnement électrique réplique un violoncelle ensorcelant (celui de Tanya Haden, collaboratrice régulière du groupe). Un rien grunge et un brin noisy (une digression parfaite à mi-parcours, d’inspiration My Bloody Valentine), croisant mélancolie et rage cathartique, la tension semble flotter sans cesse entre résignation et éruption de fiel. Et lorsque le calme revient à la fin du morceau, on a l’impression qu’un cap a été franchi, qu’un fardeau vient d’être définitivement abandonné.
Les Silversun Pickups (on a connu meilleur nom) est un jeune groupe issu de Los Angeles qui vient de sortir cet été un EP prometteur étrangement nommé Pikul
(en hommage à un ami décédé), dont ce brillant Kissing Families est tiré. Un premier album est attendu pour 2006. Un mini-buzz étant en train de naître, on devrait en réentendre parler.
Quant à moi, ce billet inaugurant ma nouvelle permanence à la case du vendredi en alternance avec Pierre, je vous dis à bientôt.





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