La Blogothèque

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Ca se passait la semaine dernière, un billet chez Stereogum publiant un mail reçu, une info de troisième main à la véracité douteuse : il paraît que le tracklisting de l’excellent dernier album de Spoon, Gimme Fiction , a été volontairement inversé, comme un jeu de piste ; depuis tout ce temps on l’écouterait donc à l’envers (ceci dit, c’est mieux que de ne pas l’écouter du tout). Sur ce, tout le monde s’affole (moi aussi, j’avoue), on reséquence l’album dans l’ordre inversé, et écoute tout ça attentivement et certains, faisant fi des transitions ainsi perdues entre certains morceaux, osent même les commentaires les plus extravagants, comme quoi l’album serait plus cohérent et appréciable comme ça (hum, n’exagérons rien). Des légendes urbaines sont nées pour moins que ça mais pendant quelques heures, le nec plus ultra pour être branché, c’est d’écouter Gimme Fiction de la fin au début.

Après ça, fatalement, on commence à s’inquiéter pour le reste de sa discothèque, d’aucuns se demandant si le Doolittle des Pixies ne devait pas en fait être écouté selon l’ordre de présentation des paroles dans le livret. On peut en imaginer plein d’autres : les récents albums de Radiohead seraient-ils moins cryptiques si on reséquencait les morceaux selon une suite alphanumérique ou logarithmique ? Peut-être. Un album de Beck serait-il moins chiant si on en supprimait tous les morceaux impairs ? Même pas sûr. Le nouvel album de Cocorosie sera-t-il moins exaspérant si l’on l’écoute en se bouchant l’oreille gauche et en fermant l’œil droit ? A n’en pas douter.

De toute façon, deux jours après, toujours sur Stereogum, le démenti arrive par la bouche de Joshua Zarbo, bassiste du groupe (la 5ème roue du carrosse, crient les plus aigris) : il n’y a pas de tracklisting secret, Gimme Fiction s’écoute tel qu’il est, du début à la fin. La théorie du chaos ne triomphera pas cette fois-ci, le monde est sauvé, ouf. Au moins ça nous aura occupé deux jours durant le morne mois d’août.

Reste à célébrer le mot de la fin, qui fut prononcé par un internaute dès les commentaires du premier billet : « il parait que si on regarde le Magicien d’Oz en écoutant Gimme Fiction à l’envers tout en faisant le poirier, on a l’air stupide ». Oui, ça je veux bien le croire sur parole, même sans essayer.