La Blogothèque

25 ans d’années 80

Suite et fin de notre première excursion à Primavera Sound, où la programmation ultra-serrée n’autorise pas forcément les meilleurs choix. Carton jaune pour l’Auditori, complet en 5 mn pour Antony & The Johnsons ou Tortoise. Concerts souvent trop courts, ou programmés trop tard (M83, Vitalic, DJ Krush à 4:30 am) pour les vieillards comme moi. Autre choix (délibéré) mais contestable, avoir réservé les grandes scènes à une flopée de groupes 80 revenus tant bien (They Might Be Giants, The Wedding Present) que mal (Human League, American Music Club, Echo & The Bunnymen) fêter leur retour en grâce.

Passons rapidement sur Josh Rouse, programmé à l’Apolo Stage à l’heure de l’Apéro. Derrière ses lunettes de soleil, flanqué d’un groupe tiré à quatre épingles (dont un bassiste hilare), Josh Rouse séduit les jeunes catalanes bien comme il faut. “Musique pour filles”, me glisse Pouic, sans ironie aucune. J.R., natif de Nashville, et auteur de 5 albums, emballe timidement avec ses pop-songs ciselées pour l’amour, bande-son d’une Californie imaginaire qui rappelle curieusement celle de Prefab Sprout. Encore du 80, mais pas complètement le même…

La France occupait le Danzka Stage, où nous avons vu quelques-uns de nos compatriotes s’exprimer dans un espagnol tout à fait honnête… en vrac, Dominique A (du Dominique A, donc), The Married Monk (mmouais), et Daniel Darc, héros titubant de l’équipe de France, ni vraiment là ni complètement ailleurs. Beaux moments lorsque Darc reprend l’une de ses très belles anciennes chansons (‘Paris’) ainsi que l’inévitable ‘Cherchez le garçon’. Tiens, encore un autre 80. Pas frais le Daniel dans l’avion quatre heures plus tard….

White Light, White Heat}}

Sonic Youth, 23:55 Apolo Stage

Primavera fut surtout l’occasion de prendre des nouvelles de Sonic Youth, programmé en tête d’affiche en cette soirée de clôture. La bonne (nouvelle), c’est que le combo new-yorkais n’a pas pris la moindre ride. Ce soir, c’est bain de jouvence sonique pour tout le monde. Kim Gordon en fée électrique à robe d’été ultra-light, Thurston Moore en post-ado arty à la mèche immuable, Sonic Youth est unique. Et probablement le meilleur groupe new-yorkais en activité depuis 1981.

Leur secret? Le son. Loin des errances de My Bloody Valentine, ou de la lancinance de Mogwai, Sonic Youth est le plus impressionnant ‘noise designer’ du rock actuel. Une trentaine de pédales sur scène, Kim en furie évanescente, Thurston en héritier d’Hendrix (pour la torture des six-cordes), SY alterne impeccablement saillies sonores et apaisement mélodique. Guitares de verre, chant abrasif, humour à froid (“Don’t go to California. It’s not what you think”), Sonic Youth a pris de la bouteille, et ça s’entend. Allez, Palme d’or du meilleur revival 80.

Mes espions me signalent qu’à 3h du matin jouait un étrange groupe japonais du nom de Polysics, en train de mettre le feu à la scène couverte Nasti (sic). Après investigation, voici un petit mp3 de la bête, le bien nommé ‘Married to a Frenchman‘ (2001)…

Des volontaires pour Benicassim… ?

Demain : Mais qui es-tu, Broken Social Scene ?