La Blogothèque

Matador sur ses deux oreilles

Déjà bien en forme et très productif depuis le début de l’année, le label Matador va dégoupiller cet été deux albums que j’attends avec impatience et propose sur son site un mp3 de chacun pour continuer à me faire trépigner :

- Heureux hasard, le premier des deux sortira le 21 juin, soit pilepoil au début de l’été (et accessoirement 3 jours avant mon anniversaire, je vous dis ça comme ça, en passant…) ; c’est Humming By The Flowered Vine , le 3ème album de Laura Cantrell, charmante chanteuse folk originaire de Nashville, dont la crédibilité artistique fut assurée pour l’éternité le jour où un certain John Peel déclara à propos de son 1er album, Not The Tremblin’ Kind qu’il était, je cite, « my favourite album of the last 10 years and possibly my life.  » La classe. Son nouvel album sera, comme les précédents, un savant mélange entre reprises de standards et compositions originales. Le morceau 14th Street est parfaitement représentatif de sa musique : une ballade légère comme une brise d’été, émouvante comme une première bise amoureuse sur la joue, raffinée, séduisante et mœlleuse, empreinte d’un romantisme naïf et fragile dont on s’éprend instantanément. Je serai étonné que cette jeune femme ne devienne pas bientôt incontournable.

- Plus tard, comme tous les ans vers la fin août, les orages feront leur apparition, les pluies chaudes se multiplieront et l’été commencera à ressembler à un vieux rêve éphémère. Ce sera le moment idéal pour que sorte Twin Cinema , troisième album du super groupe The New Pornographers, collectif qui réunit plusieurs grands noms de la scène pop-rock canadienne dont Dan Bejar (aka Destroyer), la chanteuse Neko Case ou le talentueux, et leader par défaut, AC Newman (ex-Zumpano et auteur d’un réjouissant premier album solo l’an dernier, The Slow Wonder ). Leur précédent album de 2003, l’excellent Electric Version , remplace toujours avantageusement le jus d’orange à mes petits-déjeuners et leur musique est le parfait parapluie contre la morosité. A première vue, la recette magique ne semble pas avoir changé et leur power-pop érudite et survitaminée parait toujours bien en place, donnant une envie irrésistible de bondir sur son lit comme un adolescent et se trémousser jusqu’à épuisement. Jusqu’à présent, la réussite de leurs albums étaient proportionnelle au mauvais goût caractérisé de leurs pochettes : celle de Twin Cinema faisant déjà bien pitié, tous les espoirs sont permis, l’album devrait être du niveau des précédents, c’est-à-dire formidable. La preuve avec la chanson-titre de l’album qui se loge déjà dans le cortex pour rebondir sans fin.

A la semaine prochaine ! (En fait non, je ne suis qu’un remplaçant de luxe, mais je rêvais de vous dire ça un jour.)