Pour beaucoup, Marc Almond est avant tout le chanteur de Soft Cell , un des fers de lance de la new-wave synthétique du début des années 80. Pourtant, au cours de ses 25 ans de carrière, il a touché un peu à tous les genres, passant de la pop symphonique kitsch de Enchanted à la pop synthétique classieuse de The Tenement Symphony et de la chanson réaliste à la techno, pour n’en citer que quelques-uns.
Il s’est souvent rêvé chanteur de cabaret et c’est sans doute pourquoi il a toujours aimé se mettre en danger en chantant accompagné seulement d’un piano. Je dis ‘en danger’ car s’il est bien un domaine dans lequel Marc Almond polarise les opinions, c’est celui du chant et de la voix. Les fans diront qu’il chante avec tellement de coeur et d’emphase que la justesse devient une question secondaire. Les détracteurs diront que l’écouter chanter est une sorte d’équivalent musical du supplice du pal. Comme toujours, la vérité est sans doute entre les deux. Certaines de ses fausses notes ont un indéniable pouvoir évocateur (ses notes tenues par exemple, toujours un rien trop basses), mais il faut bien admettre que d’autres apparaissent juste comme des erreurs.
Le 15 septembre 1991, Marc Almond a donné un concert seul avec un pianiste à la Passionskirche de Berlin, où il a interprété des morceaux provenant de l’ensemble de sa carrière. Je vous en propose deux. Le premier, Orpheus in red velvet
se révèle ici presque aérien, ce que la version kitsch enregistrée pour l’album Enchanted
ne laissait pas vraiment prévoir. Le second, Say Hello Wave Goodbye
, est sans doute le morceau le plus connu de Soft Cell (si on exclut Tainted Love
, qui n’est qu’une reprise). Pour être honnête, c’est sans doute sur ce morceau que les approximations vocales de Marc Almond sont les plus pénibles. Cela dit, s’il avait toujours chanté parfaitement juste, il serait peut-être devenu le Florent Pagny anglais et on n’en aurait jamais parlé ici. De deux maux, il faut parfois savoir choisir le moindre.
Le 30 septembre 1992, un grand concert rétrospectif de prestige est organisé au Royal Albert Hall de Londres pour célébrer ses douze ans de carrière, Twelve Years of Tears . Bien qu’il soit sur scène avec de multiples musiciens et un imposant orchestre, Almond y a de nouveau inclus quelques chansons où il est simplement accompagné d’un piano. Je vous propose ici Youth , un extrait du premier album de Soft Cell, Non-Stop Erotic Cabaret .
En 2003, Marc Almond sort sur le label français XIII bis Heart On Snow
, un album enregistré en hommage au folklore russe. On y trouve notamment Oh, my soul
, un morceau au piano enregistré en duo avec Alla Bayanova
.
J’arrête ici ce bref aperçu d’un aspect de la discographie du chanteur de Soft Cell qui surprendra peut-être ceux qui ne connaissaient de lui que Tainted Love mais qu’il me semble indispensable de connaître pour comprendre sa carrière.
Vous savez peut-être que Marc Almond a subi en octobre 2004 un grave accident de moto dont, aux dernières nouvelles, il devrait se rétablir complètment. Je ne sais pas comment cette expérience influencera sa musique future, mais il est tout à fait possible que, l’âge aidant, il se dirige de plus en plus vers le dépouillement de ces versions piano-voix.
A la semaine prochaine.





Commenter