La Blogothèque

Ma Sainte Quintité, par Guillaume Fédou

Guillaume Fédou a beaucoup de qualités : bordelais de naissance, parolier génial, fin mélodiste, journaliste branché… Peu importe après tout : ce qui compte, c’est son talent d’enfant des eighties, époque qu’il sait mieux que personne ressusciter grâce à ses textes

impressionistes et son amour du synthétique Yamaha. Guillaume Fédou (sans ses Soucis) sera en concert le 30 avril à Confluences à Paris, dans ce qu’il annonce comme « un ultime hommage aux années Tapie/Dewaere » : en attendant ce grand moment de nostalgie, il nous livre Ma Sainte Quintité , qui n’est paradoxalement pas un hommage au pied gauche d’Olivier Quint, mais bien l’ultime contribution au mp3 blog de la sélection French Touche (en scapulaire pour l’occasion).


Alors moi aussi je vais commencer par un groupe de copains, puisque ces jeunes jouent avec moi sur scène aux côtés des succulents Chicros (salut Matthieu) et que leur énergie devrait inspirer les directeurs de théâtre et autres réalisateurs mégalomaniaques. Je veux bien bien sûr parler de The Who , et j’en profite pour faire un clin d’oeil à Pete Townshend, qui a pas mal de broutilles en ce moment (peut-être inspiré par le rôle de Keith Moon dans Tommy ?): vaut parfois mieux surfer dans l’eau que sur Internet ! Le morceau c’est So Sad About Us , avec un passage en La mineur à 30 secondes du fade-out riche de ces choeurs selon moi à l’origine de la formation des Pixies. Issu de l’album A Quick One (douche comprise), loin des excès baroques de Tommy et autres ectoplasmes indignes de cette période aux dents serrées, aux guitares sans brushing et aux batteries surmixées (les voix sont ainsi prisonnières d’un fuzz légendaire).

Toujours au rayon des propositions malhonnêtes, A Finger Or Two des internationaux Junesex , sur leur premier album So Fuckin’ Chic : approche façon Matthew Herbert pris en flag de polygamie puisque au moins deux filles enchantent cette pop d’outre-tombe qui, contrairement à la majorité des prods sexy, ne joue pas les allumeuses…Junesex va jusqu’au bout et c’est toujours meilleur.

En 3 je place rien de moins que le little big génie que la France feint tout juste d’ignorer, je veux parler du Beck connu des Bordelais pour ses reprises au chapeau des meilleurs Beatles rue Sainte-Catherine, la zone économiquement susceptible de la métropole … A certain kind d’un certain Kim . Le morceau New Wave Jukebox date de 1998 et préfigure déjà le courant post-post que bien des commentateurs s’évertueront à définir.

Exotisme encore avec Ich Liebe Sie des Suisses Christian et Stefan Eicher (aka Grauzone ), B-Seite de Eisbär , prouvant aux profesionnels de la profession que new-wave et non-sens s’allient souvent pour le meilleur. Je reprends cette chanson avec Arnaud Fleurent-Didier et sur scène avec mon groupe de jeunes (c’est QUI déjà ?) et voilà, c’est la chanson d’amour la plus absurde et, partant, la plus poignante de toute l’histoire du monde.

Pour finir, un classique, inutile de dire tout ce qui a déjà été dit sur eux depuis la déferlante hédoniste qu’ils provoquèrent à leur débuts, avant donc d’avoir eu affaire avec les magnats du rock-business et lancé la mode des opéras-rock : je veux bien sûr parler de Housse de Racket , qui, après l’Odyssée , préparent un second opus (aïe) entre rendez-vous sans retrouvailles et “terres battues promises” … C’est peut-être grâce à cette Gwendoline que les espoirs et les soupirs se bousculent au Rubicon…

« Au nom du père, du fils et du synthétiseur »!

GF