La Blogothèque

Mathieu / Los Chicros

La pop mélodique de Los Chicros a tout pour plaire : habile sans roublardise, elle déploie ses harmonies vocales et ses arrangements luxueux dans l’éternel retour d’un endless summer of love . A peine sorti du mixage d’un nouvel album, Mathieu Cesarsky est le quatrième “chansonpoché” à avoir accepté l’invitation du mp3blog : un moment de détente haut de gamme, avec de la très bonne herbe et du ukulele!

Bonjour. Je vais profiter de cette fenêtre pour faire découvrir des groupes pas très connus, voire carrément pas connus du tout. Mais tout d’abord, je me présente. Le groupe dans lequel je joue s’appelle Los Chicros . Cette chanson s’appelle Los Guedros et elle est tirée de notre mini-album, Too Cool For School . Les paroles parlent des années 60 et de la drogue ; la musique aussi.

Bien, cette formalité accomplie, voici quelques uns des disques qui tournent non stop en ce moment chez moi. Je les ai rangés par ordre décroissant de célébrité. Le premier choix, c’est Ben’s Symphonic Orchestra : il fait partie des artistes qui ont remixé une de nos chansons pour compléter notre mini-album et étirer sa durée jusqu’à celle d’un vrai album. Cette chanson s’appelle Just A Boy et elle est sur son premier album Junk Shop . Elle est également sortie en maxi. En quelques minutes, Ben dévoile tout son savoir-faire; mélodiste d’exception, flûtiste fou, arrangeur génial. Si vous écoutez le morceau, écoutez-le bien jusqu’au bout pour ne pas rater le final majestueux avec choeurs célestes et xylophone à l’avenant. Avec sa rythmique vaguement électro, ses riffs rock et sa voix nonchalante, Ben réussit ce que Pavement a raté sur leur dernier album. Ce morceau date de 1999. Dans un monde juste, Ben et son Orchestre Symphonique serait une vedette internationale. Au lieu de ça, Bush a été élu Président des Etats-Unis. Deux fois.

Le deuxième disque, c’est un groupe américain que j’ai découvert à Austin (Texas) au festival South by Southwest. Leur nom: The Gris Gris – hommage à Dr John. A la fin de leur concert, je suis allé acheter leur disque en courant. Coup de bol, il a été enregistré en live, j’ai donc retrouvé toutes les émotions ressenties pendant le gig en écoutant l’album. C’est un groupe manifestement marqué par le rock psyché-garage le plus déluré, ambiance 13th Floor Elevators, The Seeds ou le premier album de Pink Floyd, tout en orgues Vox et piano Wurlitzer, percus exotiques et riffs qui tuent. Ça pue la drogue. Cette chanson, Winter Weather , n’est pas du tout représentative du reste du disque, mais c’est ma pref. C’est un pastiche éhonté des Rolling Stones circa Beggar’s Banquet, comme vous pouvez l’entendre. Mais quitte à pasticher, autant que ce soit les Stones plutôt que Stone et Charden. Ce disque n’est pas disponible en France pour le moment, sauf peut-être sur le site de leur label, mais mes camarades de Q-Tape Records sont sur l’affaire pour le sortir dans notre beau pays.

Encore un truc découvert au Texas. Il s’agit d’un mec que j’ai rencontré là-bas et avec qui je suis devenu pote, il s’appelle Ethan . Je l’ai vu en concert, il est seul sur scène, s’accompagne au ukulele et chante des compos à lui ou des reprises des Strokes. Il a autoproduit un 45 tours avec trois titres. Celui-ci s’appelle Lies lies lies et se place dans la tradition des folksingers du Mississipi. Il l’a enregistrée tout seul sur son 4 pistes. Première piste: son ukulele. Deuxième piste: sa voix. Troisième piste: la rythmique (en gros, il claque sa langue dans sa bouche). Quatrième piste: elle sert à rien.

Pour finir, encore un groupe Texan. Ils sont trois, ils viennent de Dallas, ils s’appellent The Strange Boys . Je les ai vus jouer, non pas dans le festival, mais en off, dans des fêtes étudiantes. J’ai compris plus tard qu’ils ne pouvaient pas se produire dans les clubs parce qu’ils n’ont pas 21 ans et donc pas le droit d’y entrer. Moyenne d’âge: 18 ans. C’est pas pour ça que c’est bien. Mais comme en ce moment, en France, d’aucuns se paluchent sur quelques groupes de lycéens de la rive gauche de Paris, voilà qui devrait les mettre à l’amende. Pendant que nos Parisiens se touchent sur les Libertines et considèrent Nirvana comme un groupe vintage, ça faisait du bien de voir des kids sonner plus comme The Saints, voire The Fall, que comme les trois groupes à la mode ce mois-ci. Ceci dit, sur disque, on dirait plutôt The Hives, sauf que leurs chansons sont encore plus courtes (leur CD démo contient deux titres et dure deux minutes : je vous propose d’écouter le premier, Modern Lee Miller ). Sur scène, ils sont en t-shirt, jean et baskets (pas de blousons de cuir pour faire rocker), n’insultent pas leur public, ils ont des coupes au bol pas sophistiquées pour deux cents, bref, n’ont pas cette attitude dont on veut nous faire croire qu’elle est indispensable. Puissent-ils rester ainsi quand, dans quelques années, ce seront des stars (on parie ?)