La Blogothèque

Une vie pleine d’adieux

On passe des années à attendre et doucement, on oublie. Je n’avais pas écouté un morceau des Apartments depuis deux, trois ans. Il aura fallu qu’un après-midi paresseux, Sidi Ali me joue l’intro de The things you’ll keep au piano pour que revienne l’envie de me faire du bien avec leur tristesse.

Peut être Pete Walsh reviendra-t-il sans se faire annoncer, sans même vraiment le désirer, comme il l’a fait jusqu’ici. Vingt ans déjà depuis le premier album des Apartments, The Evening vists… and stays forever . Ça fait un bail. Leurs disques furent rares. Même au moment de leurs sorties, ils étaient durs à trouver. Aujourd’hui, je peux en parler sans douter une seconde que se trouvera un lecteur pour n’avoir pas connu cette musique, un lecteur pour tomber fou, illico, de cette mélancolie sincère comme jamais.

Thank you for making me beg est issue de « A life full of farewells ». Jamais je n’ai écouté une chanson si franche, nue, ouvertement misérable : « I get tired of living / Or maybe I’m just tired of who I am / Failure leaves its mark, on all our plans / So thank you for making me beg / Now I’d like to get out of my head ».

All his stupid friends est tout aussi déchirante, une chanson d’où ressort une telle déception de l’autre que l’on se demande par quelle chance nous avons eu le droit de l’écouter.

Les chansons des Apartments sont ainsi à chérir comme des présents tombés par un glorieux hasards sur nos platines. Un don de tristesse, chanté par une voix comme une larme, belle à en pleurer, que même trois tonnes de réverb ne dénaturent pas. Et à laquelle les années n’ont osé toucher.