Cette semaine, inspiré par le billet de Fandor en début de semaine, je vais vous parler d’un groupe dont Michka Assayas dit qu’”il s’inscrit dans la tradition d’une variété pop nordique, facile mais de qualité, avec des mélodies bien tournées, des arrangements sucrés et pourtant jamais vulgaires, et un travail raffiné d’harmonies vocales”. Bien que tout ce qu’il dit là soit indéniablement vrai, Assayas omet un point important dans sa description : la voix du chanteur Morten Harket , et notamment son étonnante capacité à monter dans les aigus sans perdre son expressivité. Je serais bien en peine de me souvenir de ce qui me plaisait à l’époque dans la musique de A-Ha (dont le premier 33 tours fut un de mes premiers achats musicaux) mais c’est cette voix qui me la fait réécouter aujourd’hui (plus souvent que de raison sans doute). Même une interview vue par hasard à la télévision où un certain Pascal O. expliquait que Hunting High and Low était sans doute sa chanson préférée n’a pas réussi à m’en dégoûter.
Leur premier album, Hunting high and low
, sort en 1985, porté par une belle triplette de singles électro-pop imparables (Take On Me
, The Sun Always Shines on TV
et la chanson-titre). La production porte un peu la marque de son époque mais je reste convaincu que dans le genre pop lyrique, on n’a pas fait beaucoup mieux depuis 20 ans. J’en extrais Living a boy’s adventure tale
(6,9 Mo), un morceau dont j’aime encore chanter le falsetto final aujourd’hui.
L’année suivante, ils sortent Scoundrel Days , dont la première face, légèrement plus sombre et torturée (à leur échelle s’entend, ça reste assez éloigné des Cramps ) et composée en grande partie par le guitariste Pal Waaktaar , est une sorte de chef-d’oeuvre. La chanson titre (5,9 Mo) est sans doute la plus emblématique de cet album dont aucun single n’a réellement été un tube. Le plus connu fut sans doute Cry Wolf , un médiocre exemple de bouncy-pop comme la seconde face en contenait beaucoup et qui annonçait déjà la crise d’inspiration que le groupe allait connaître les années suivantes, avec trois albums (1988, 1990 et 1993), dont il n’y a pas grand-chose à sauver si ce n’est la bande originale d’un James Bond (The Living Daylights ), une reprise digne du Crying in the rain de Carole King (ou des Everly Brothers je ne sais trop) et Stay on these roads , dont je vous propose ici une reprise par Jack (5,4 Mo).
Le groupe rentre alors en hibernation (Morten Harket sortira un album solo et Pal Waaktaar s’occupera de son autre groupe Savoy ) et réapparaîtra en 2000 et 2002 avec deux nouveaux albums, plutôt meilleurs que ceux qui ont conduit à leur éclipse mais ne parvenant pas tout à fait à renouer avec leur inspiration des débuts. On sent bien que cette réunion est plus une question de business (“L’argent anesthésie tout.” selon Pal Waaktaar) que le fruit d’une envie viscérale de refaire de la musique ensemble. Pourtant, je ne parviens pas à les en blâmer complètement, ne serait-ce que parce que ce retour m’a donné l’occasion de réaliser un vieux rêve et de les voir en concert. De cette dernière époque, voici Lifelines (5,9 Mo), la chanson qui a donné son titre à l’album de 2002.
Je m’arrête là. Loin de moi l’espoir de vous convaincre que A-Ha est un groupe fondamental de la musique occidentale du XXème siècle mais mon petit coeur de fan se serre à chaque fois que je les vois mis dans le panier “ringard-années 80-comment diable pouvait-on écouter ça à l’époque” avec Spandau Ballet ou Partenaire Particulier et je voulais au moins tenter d’argumenter un minimum. Après tout, si Sondre Lerche et Jack ne renient pas et que même les barbus de Grandaddy leur rendent hommage sur scène en couvrant d’un adhésif noir les lettres YAM sur leurs synthés, pourquoi devrais-je avoir honte ?
A la semaine prochaine avec, croisons les doigts, tout à fait autre chose.





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