La Blogothèque

Zop Hopop (le commencement)

En début de semaine, alors que j’étais encore en train de me demander sur quoi allait porter mon billet de la semaine, la liste de diffusion interne de la Blogothèque a abrité une discussion sur la musique belge et sur le phénomène de mode qui semble entourer depuis quelques années les groupes venus d’Outre-Quiévrain (pour les Français j’entends, vu que, en ce qui me concerne, l’Outre-Quiévrain, c’est la France). Comment comprendre cette mode dans le rock quand, comme moi, on reste le plus souvent dubitatif face à ce que la scène belge propose ? Si on excepte quelques formidables exceptions, en premier lieu desquelles Vive la Fête , j’ai toujours été assez hermétique à la musique produite dans mon beau pays, que ce soit la clique anversoise qui s’est formée autour de dEUS ou bien la nouvelle scène francophone avec Girls in Hawaii , Sharko et Vénus , sans doute parce que mes goûts m’éloignent spontanément du pop-rock foutraque et vaguement arty qui semble être le socle commun de la plupart de ces groupes.

Au cours de cette discussion, je me suis laissé aller à dire à un thuriféraire de la cause belge que, malheureusement, les rares artistes belges dont les chansons m’ont réellement touché ces dernières années n’ont jamais rencontré qu’un succès d’estime, et ai mentionné, à titre d’exemple, Zop Hopop , le nom sous lequel Sacha Toorop , un temps batteur pour Dominique A (il a notamment participé à l’élaboration des albums Remué et Auguri ), a enregistré trois albums. A ma grande surprise, je me vois répondre ceci :

« Ouais, si on aime l’alternance nouvelle chanson réaliste / raggamuffin, le tout avec un accordéon et des bougies. Je crois que je préfère Bénabar. »

Mon sang ne fit qu’un tour (avant, rassurez-vous, de reprendre son cours normal) et je décidai de vous laisser juges de l’absurdité de cette description en vous proposant d’écouter deux extraits de son premier EP, sorti en 1996 sur Soundstation, le label formé à Liège autour de la salle du même nom (et fer de lance en Belgique de la résistance face à l’emprise de ClearChannel sur l’industrie des concerts en Belgique, mais c’est un autre débat).

La chanson qui donne son titre au EP, Welcome , est un chanson pop comme je les aime, avec une voix troublante, une mélodie imparable et des arrangements délicats (même si elle est sans doute trop longue de 30 secondes). Le reste du EP évoque parfois plus franchement dEUS, comme sur Do It Yourself par exemple.

Je pense que quiconque n’a pas érigé la mauvaise foi en mode de vie devra bien admettre qu’on se trouve ici aussi loin de la chanson réaliste (malgré la touche d’accordéon) que du raggamuffin.

Cet EP est maintenant introuvable, et les trois albums enregistrés par Zop Hopop ne sont même pas disponibles sur les grands mail-orders français. Pendant ce temps Girls in Hawaii remplit l’Elysée-Montmartre, allez comprendre…