La Blogothèque

Patrick Wolf : l’interview

Q : Lors de la promotion de Lycanthropy, tu avais déclaré avoir déjà écrit tes deux prochains albums. Tu décrivais le premier comme de la pop au ukulélé et le deuxième comme une “étude des passions ténébreuses propres à l’Angleterre”. Wind in the Wires ne répond à aucune de ces deux descriptions [il semble surpris de ce commentaire]. Quand a-t-il été écrit ?

PW : Je porte le concept de cet album en moi depuis un voyage en train dans le Dorset, à 17 ans. Je regardais par la fenêtre et la séparation entre rêve et réalité a commencer à se brouiller. Dans mon esprit se mélangeaient le son des parasites radio, les messages à destination des marins, ces voix anglaises, la BBC et ces longs hivers anglais pendant lesquels tout le monde ressent un désespoir absolu. Teignmouth fut la première chanson à être écrite. Puis, à chaque fois que je composais une chanson qui me semblait appartenir à cette veine, je la mettais de côté jusqu’à ce qu’un jour, je me rende compte que j’en avais assez pour faire un album. Après que Lycanthropy fut sorti, je me suis rendu compte que je n’avais ni l’argent ni le matériel nécessaire pour enregistrer l’album de pop [à la Burt Bacharach] que j’avais en tête, donc le mieux que je pouvais faire était Wind in the Wires . [...] Lycanthropy était un disque si “excentriquement schizophrénique”. J’y disais “OK ! Voici du rouge ! Voici du jaune ! Voici du bleu !” et conduisais l’auditeur à travers toutes les couleurs du spectre. Ici, je voulais me concentrer sur le gris foncé et le noir. Je voulais aussi un album plus court, plus concis.[...]

Lycanthropy était un disque si “excentriquement schizophrénique”. J’y disais “OK ! Voici du rouge ! Voici du jaune ! Voici du bleu !” et conduisais l’auditeur à travers toutes les couleurs du spectre.

Q : La plupart des chansons de Lycanthropy ont été écrites un peu pour le plaisir, à une époque où tu ne pouvais pas être sûr qu’elles seraient un jour enregistrées et encore moins diffusées (même si certaines d’entre elles furent retravaillées pendant l’enregistrement). Ici, les choses sont évidemment différentes. Tu savais dès l’écriture que le nouvel album aurait un public. Cela a-t-il influencé le processus créatif ? Wind in the Wires me semble être un disque plus poli, moins cru, moins impulsif, plus ‘réfléchi’ que le précédent.

PW : Ce deuxième album est par bien des points une réaction à l’expérience qu’a représenté pour moi la sortie de Lycanthropy. Je n’étais plus ce garçon parcourant le monde, libre comme l’air. J’avais publié un album. Il y avait tout une machinerie derrière moi avec laquelle je devais travailler. Je savais que l’album devait être mixé convenablement et enregistré dans un bon studio.[...] Le fait que des gens allaient écouter l’album a certainement eu une influence mais j’ai travaillé dur pour que cela ne devienne pas une contrainte et que le résultat final reste fidèle à ce que je suis. J’avais aussi très peur de me répéter et de faire un Lycanthropy 2.

Q : Lycanthropy était vraiment l’album d’un adolescent ayant vécu une vie chaotique. Il était plein de l’impétuosité et de l’hypersensivité de cette période où tout, bon ou mauvais, est ressenti profondément et sans distance. Au contraire, Wind in the Wires présente un Patrick Wolf en paix avec le monde et avec lui-même. Tu as dit récemment que tu étais maintenant plus heureux que tu ne l’avais jamais été entre 11 et 20 ans. L’écriture, l’enregistrement et la sortie de Lycanthropy t’ont permis de fermer le porte sur ces années et de repartir à zéro. Cela s’entend très bien sur l’album. Le mot clé des textes est ‘liberté’. Tu y parles de t’installer dans une maison au bort de la voie ferrée (The Railway House ). Aussi ridicule que cela puisse sembler pour un jeune homme de 21 ans, serais-tu d’accord pour dire qu’il s’agit de l’album de “maturité” ?

Cet album représente une transition, le moment où je me suis découvert moi-même. J’y redécouvre des sentiments tels que l’ancrage, l’appartenance

PW : Oui, je dirais vraiment que cet album marque l’aboutissement d’un cheminement [le difficilement traduisible 'coming-of-age']. Ma voix est plus grave. J’étais capable de répondre à des questions posées sur Lycanthropy. [Il réfléchit quelques secondes] En fait, je dirais plutôt que cet album représente une transition, le moment où je me suis découvert moi-même. J’y redécouvre des sentiments tels que l’ancrage, l’appartenance. Après avoir été [sur Lycanthropy] déraciné, déséquilibré, pas complètement formé et juste… adolescent en fait, je me suis soudainement retrouvé dans une situation où je pouvais faire le point, ralentir le rythme et vivre au jour le jour, sans m’inquiéter pour mon avenir. [...] La réconciliation avec mes parents a aussi joué un grand rôle. Je suis retourné vivre chez eux, tentant de renouer les liens d’amitié qui nous unissaient. Wind in the wires parle aussi de tout cela : la famille, le sentiment d’appartenance.

Q : Lycanthropy était un disque très urbain, comme en témoigne par exemple les titres London ou Paris . Ce nouvel album est beaucoup proche de la campagne, et surtout de la mer, qui est omniprésente dans les textes. Je pense avoir lu que l’album avait en grande partie été écrit dans un petit chalet. C’est vrai ?

PW : Oui, il est en grande partie inspiré par un chalet au bord de la mer en Cornouailles. Cet endroit m’a inspiré de nombreuses chansons. Penzance , [un des morceaux du single The Libertine ], a été écrit là-bas, lors de ma première visite. J’y suis ensuite régulièrement retourné, attiré comme par un aimant, essyant de comprendre pourquoi cet endroit me plaisait tant. Je suis parti faire des expéditions aux alentours, récoltant les contes et légendes (“ghost stories”) locaux, tombant de plus en plus amoureux de cet endroit. C’était la première fois que je trouvais un lieu où je me sentais vraiment à ma place, libre, libéré. J’y ai notamment passé sept jours d’écriture non-stop et les textes des nouvelles chansons sont principalement apparus à ce moment-là. J’y ai aussi pas mal retravaillé des textes plus anciens. A la fin de la semaine, je suis ainsi retourné à la maison avec ma valise pleine de nouvelles chansons. Je ne pense pas que j’aurais pu écrire une chanson comme Tristan par exemple à Londres. Tu pars en balade pendant deux heures sous la pluie. Tu reviens, complètement trempé, et la chanson t’apparaît soudainement. Je pense vraiment que cet album n’aurait pas pu être écrit à Londres.

Q : Tu as dit précédemment que, pour toi, écrire une chanson était une sorte de thérapie et un bon moyen de te purger des émotions qu’elles contiennent et que, en conséquence, tu avais parfois du mal à les faire à nouveau tiennes, notamment lorsque tu dois les chanter en concert. J’ai l’impression que, comme musicien, tu es beaucoup plus attiré par le processus d’écriture et d’enregistrement que par la prestation live. J’ai assisté à ton concert à Bruxelles l’année dernière et, bien que ce fut très bien dans l’ensemble, j’en gardais la vague impression que tu n’aimais pas particulièrement être sur scène. Je me trompe ?

Je hais ces gens qui peuvent chanter en y mettant apparemment beaucoup d’émotion alors qu’en fait ils n’en ont rien à faire

PW : Je suis assez d’accord. Parfois, quand je dois jouer live, je me sens un peu comme un jukebox. En fait, je ne me lève pas tous les jours à heure fixe. Je ne dîne pas tous les jours à 19 heures pétantes. Je peux écrire trois chansons en une journée ou rien du tout pendant un mois. Je fonctionne beaucoup à l’émotion, à l’instinct et quand on me dit : “Voilà, tu dois être là à 8 heures et jouer pendant 45 minutes”, j’ai vraiment du mal. Quand je suis dans le bon état d’esprit, ça peut être une formidable expérience pour moi et les spectateurs, mais si je ne ressens pas une vraie envie de chanter, j’ai beaucoup de mal… Je hais ces gens, comme Mariah Carey par exemple, qui peuvent chanter en y mettant apparemment beaucoup d’émotion alors qu’en fait ils n’en ont rien à faire…. je hais ces “émotions sur commande” ["coin-operated emotions"]. Pour ma part, j’essaye vraiment de créer une communication avec le public. Parfois, je ne suis pas vraiment d’humeur mais je vois un spectateur au premier rang dont je sens qu’il est vraiment réceptif, ça enclenche quelque chose en moi et je peux finir par faire un très bon concert. Ca dépend beaucoup du public. J’ai du mal à rentrer vraiment dans un concert quand je suis seul sur scène avec mon laptop. J’ai besoin d’un spectateur au premier rang ou de quelque chose qui rende ce concert exceptionnel, un piano à queue par exemple [comme c'était le cas à Bruxelles]. J’essaye de faire en sorte que chaque concert soit différent. Je suis incapable de faire des concerts à la chaîne comme un groupe de rock en tournée. J’adorerais que l’on puisse en pratique organiser des concerts en quelques minutes, monter une scène vite fait pour que je puisse chanter quand l’envie m’en prend réellement. Malheureusement, ce n’est pas possible.

Q : Ton travail est apprécié par des gens très différents, du fan de pop au théoricien électro et aux ‘branchés’ de tout poil. On voit a priori assez peu de liens entre la manière dont le NME, (feu) The Face, Popjustice.com et Pitchforkmedia.com par exemple envisagent ce que devrait être la musique. Te sens-tu plus proche de l’un de ces médias? Les lis-tu ? Tu sembles souvent assez peu intéressé par ce qui se passe autour de toi, musicalement parlant, et de vivre un peu en autarcie dans ton propre univers.

PW : Ca vient sans doute de l’époque où je vivais à la campagne. Plus jeune, j’ai eu une période où j’étais très impliqué dans la musique en tant que spectateur, écrivant dans des fanzines, allant aux concerts. Puis, j’ai perdu cette motivation. J’ai vécu des expériences formidables : tondre des moutons, faire pousser des plantes dans le jardin, écouter Stockhausen à plein volume, toutes des choses qui ne seront jamais célébrées à leur juste valeur par les médias de masse. Ce que j’essaie de faire avec ma musique, c’est de prendre les choses que je trouve les plus belles dans le monde et de tenter de les transformer pour pouvoir les transmettre à d’autres. Je ne me sens aucune affinité avec des gens comme les Libertines et Razorlight. Je ne comprends pas comment ces gens créent leur musique. Je la trouve tellement ennuyeuse.

Q : Tu as écrit récemment en janvier 2005] [une lettre dans le NME où tu commences en gros par dire que tout ce que les lecteurs du NME écoutent est de la merde, ce qui est assez courageux dans un sens.["des gamins à guitare copiant d'autres gamins à guitares qui eux-mêmes imitent des hommes à guitares qui n'avaient rien à communiquer si ce n'est ce qui allait leur permettre (pensaient-ils) de se faire des meufs."]

PW : [rires] Oh, tu sais. Je n’ai pas peur de me retrouver isolé dans mes opinions. Je suis isolé dans mes opinions depuis que j’ai 12 ou 13 ans.

Je voudrais que les gens aillent à la médiathèque ou tentent d’explorer la collection de disques de leurs parents

J’ai des amis formidables autour de moi avec lesquels je peux partager des choses, avoir des conversations passionnantes mais pour ce qui est des médias de masse, si j’ai envie de dire quelque chose je le dis sans crainte. Le ridicule ne me fait pas peur. Je ne vais pas prétendre que j’aime ce genre de musique. Avec ma musique, j’essaie de fournir quelque chose de… meilleur parce que je sais qu’il existe des trucs formidables dans le monde mais les gens achètent juste ce que les médias leur disent d’acheter… Je voudrais qu’ils soient un peu plus curieux, aillent à la médiathèque ou tentent d’explorer la collection de disques de leurs parents par exemple.

Q : Mais y a-t-il des artistes contemporains (depuis 2000 disons) que tu apprécies vraiment ? A chaque fois que tu listes tes goûts ou tes influences, il s’agit de gens d’un passé plus ou moins lointains [Joni Mitchell ,Hector Berlioz , les gens de l'IRCAM , Meredith Monk ...].

PW : [Je suis souvent amené à faire des listes de ce que j'aime ou de ce qui m'influence.] Je fais très attention à ne pas m’associer avec n’importe quoi. Avant de me faire une avis définitif sur un artiste ou un groupe, j’ai besoin d’avoir une vision suffisamment large de leur catalogue. . . mais je me sens assez proche de gens comme Cocorosie par exemple, qui me semblent avoir une sorte de sensibilité magique qui leur est propre. Puis, bien sûr, il y a ceux [et surtout celles] qui sont là depuis 10 ou 12 ans, des gens comme PJ Harvey par exemple qui sont tout simplement géniaux..[parle ensuite du possible nouvel album de Kate Bush ]

Q : C’est sans doute lié à ce qui précède mais j’ai plusieurs fois lu le terme ‘claustrophobique’ accolé à ta musique. Qu’en penses-tu ?

PW : Je ne la vois pas du tout comme quelque chose de ‘claustrophobique’. Effectivement, quand on écoute un de mes disques, on entre dans un univers et on est emmené ailleurs. Toutes les musiques que j’aime fonctionnent selon ce principe, je veux “sentir” quelque chose, quitter mon corps pour réellement entrer dans la musique, l’âme arrachée de la chair. On ne peut pas atteindre ce résultat si on manque de conviction dans sa manière de communiquer avec l’auditeur. [...] Sans doute ne fais-je pas de la musique à mettre en fond sonore (“background music”), et c’est tant mieux. [...]

Sans doute ne fais-je pas de la musique à mettre en fond sonore, et c’est tant mieux

Je suis passioné par ce que je fais et ma musique reflète cela. Peut-être cela peut-il apparaître à certains comme ‘claustrophobique’. Je n’ai pas peur de bousculer un peu les gens qui m’écoutent. Je les emmène dans mon monde pendant la durée de l’album, mais c’est pour leur donner quelque chose. [Je pense vraiment que] ma musique est généreuse et apporte quelque chose aux gens.

Q : Pour prendre un exemple extrême, tu n’envisagerais sans doute jamais d’écrire une chanson ‘politique’, en prise directe avec l’actualité ?

PW : Ce n’est pas mon rôle de commenter le cours du pétrole, George Bush ou Osama Bin Laden. J’essaye au contraire de fournir aux gens quelque chose de beau à écouter, un sanctuaire [pour qu'ils puissent justement oublier tout cela]. Je ne veux pas m’impliquer dans la banalité du monde.

Q : Wind in the Wires est apparu sur les réseaux p2p deux mois avant sa sortie. Tu sembles l’avoir assez mal vécu. Tu as notamment instamment prié tes fans de ne pas le télécharger et d’attendre la sortie officielle. Pour des raisons pécuniaires évidemment, ce avec quoi je ne peux évidemment qu’être d’accord, mais aussi pour permettre à “l’histoire d’être racontée de la manière dont elle était censée l’être” (je te cite). Je ne suis pas sûr de comprendre ce que tu veux dire par là. Fais-tu par exemple une différence fondamentale entre entendre un extrait de l’album à la radio et le télécharger pour l’écouter ?

PW : C’est précisément pour ça que nous avons sorti The Libertine en single… Je suis sans doute vieux-jeu dans ma manière d’envisager comment les choses devraient se passer mais The Libertine est mon premier message, la première porte d’entrée dans l’album. Je suis attaché à la manière dont les choses se passaient avant. Tu entendais une chanson à la radio.

Télécharger une chanson de l’album, c’est un peu comme prendre la Joconde, la découper en 12 et demander au public de la recomposer à partir des morceaux.

Elle te plaisait. Tu attendais un mois pour que l’album sorte, tu allais l’acheter. Tu le mettais dans ton lecteur CD et l’écoutais du début à la fin en lisant les paroles dans le livret, la porte fermée pour être sûr de ne pas être dérangé…. Quand on écoute l’album, la manière dont The Libertine se fond dans l’intro de Teignmouth , dont Apparition mène à Ghost Song . Ce n’est pas fait par hasard mais le résultat d’un minutieux travail d’assemblage. La pochette et le livret sont conçus en relation avec la musique. Je conçois l’album comme une oeuvre d’art complète. .. Télécharger une chanson de l’album, c’est un peu comme prendre la Joconde, la découper en 12 et demander au public de la recomposer à partir des morceaux. Je trouve que c’est dommage que les gens ne veuillent plus croire en la magie de la musique.

Q : Souvent, pour décrire un disque, on doit se fier à des comparaisons. Je t’ai ainsi déjà vu associé à de nombreux autres artistes. Pourtant, je suppute qu’il y en a beaucoup parmi ceux-ci que tu ne dois pas énormément apprécier. Je voudrais juste vérifier. Tu n’as pas besoin de commenter longuement.

Nick Cave and The Bad Seeds ?

PW : J’aime certaines de ses chansons. Je ne connais pas bien.}}

Q : Björk ?

PW : Björk est géniale. Quand j’avais 12 ans, elle était la seule à oser dire “C’est nul.”. La musique n’a pas à être si ennuyeuse, si formatée. De ce point de vue, elle m’inspire énormément, le fait qu’elle ose emmener un quatuor à cordes en tournée par exemple. Je me sens un peu la même responsabilité maintenant vis-à-vis de ceux qui découvrent la musique.

Q : Pet Shop Boys ?

PW : Je n’en pense rien.

Q : Soft Cell ?

PW : Je n’en pense rien non plus… Quand j’avais 17 ans, on me disait parfois : “C’est dingue. Quand tu chantes, on dirait Marc Almond .” Peut-être. Après tout, je chantais en anglais en y mettant un peu de coeur, mais bon, je n’ai jamais écouté un album de Soft Cell de ma vie.

Q : Tindersticks ?

PW : Pareil.

Q : Scott Walker ?

PW : Je préfère Jacques Brel . [Là, j'essaye de le convaincre d'écouter Tilt . Je doute d'y être parvenu.]

Q : Radiohead ?

PW : Je ne sais pas, mais ma soeur aime bien.

Q : Nick Drake ?

PW : Oui, j’ai deux albums à la maison.

Q : Pas de vraies surprises donc. Ca m’amuse de voir que de gens (moi compris) puissent voir des connections là où il n’y en a pas..

La conversation commence ici à être un peu plus décousue et quelques problèmes techniques en ont rendu la retranscription plus ardue. Nous parlons de Duran Duran , groupe auquel il s’offusque d’être comparé, puis de Michael Jackson . Il explique notamment pourquoi il est fasciné par ce personnage unique qui a pu, grâce à son argent et au pouvoir qui en découle, s’extraire du monde et rester en-dehors [to buy himself out of reality ], devenir presque “immortel”. Avant de reconnaître que c’était aussi un personnage tragique, il ira même jusqu’à dire “Je suis persuadé qu’il est totalement innocent. “.

Nous parlons ensuite un peu de Mike Paradinas (µ-ziq ), avec lequel il a un temps envisagé de collaborer et d’un mp3 que j’ai trouvé sur un réseau p2p “Patrick Wolf feat., free but not for long” dont il me confirme l’authenticité. C’est un extrait d’un album qu’il a aidé à produire pour son amie Bishi mais qui n’est jamais sorti. Pour conclure, il parle brièvement de la tournée qu’il effectuera d’avril à septembre 2005. Il explique qu’il ne sera pas seul sur scène et qu’il y aura au moins un percussionniste avec lui (“pour remplacer le laptop “). Il confirme qu’il y aura probablement des concerts en France, sans qu’il puisse donner de dates précises. La date du 11 avril à Bruxelles a été entretemps confirmée. Je prends ensuite congé en m’excusant d’avoir un peu débordé du temps qui m’était imparti.