La Blogothèque

Des yaourts, des mp3 et de longues lettres

Le Midem Net commence demain. Une bonne occasion de parler de quelques petites choses concernant le marché du disque, les mp3, les droits et les conflits afférents…

- Je commencerai par fortement vous conseiller de lire le très bon article de Bruno Lesprit dans Le Monde « Comment la concentration de la distribution nuit au disque« . Un papier qui enfin montre que le téléchargement n’est pas le seul responsable de la crise du disque. Extrait :

Le disque est devenu un produit commercial comme les autres, jeté dans le chariot entre yaourts et baril de lessive. L’offre s’est rapidement réduite aux « têtes de gondole » axées sur les meilleures ventes, valorisant les singles, les nouveautés de stars confirmées et/ou choyées par les radios, ainsi que les compilations flattant la nostalgie du consommateur. (…) Autrement dit, des choix à court terme ou régressifs, orientés vers les produits les plus menacés par la piraterie.

- Autre citation, tirée d’un article de Télérama qui donne le point de vue de trois dirigeants de labels indépendants sur la crise du disque.

A l’origine, la production était un métier de passionnés. Les grands noms de la production anglo-saxonne, comme Ahmet Ertegun ou Chris Blackwell, étaient de véritables artistes, avec une vision à la fois artisanale et ambitieuse. Mais ils ont été dépassés par le succès et la prise de pouvoir des financiers. Dans les années 70, les maisons de disques se sont associées pour des raisons économiques, certaines ont fusionné, d’autres ont disparu. Cette concentration a éloigné le métier de sa raison d’être : la création artistique. Les grands noms du passé ont été écartés, remplacés par des managers plus performants côté finances.

- En ce début d’année, les fuites se sont multipliées. Beck d’abord, les Decemberists ensuite. Les albums ont été lâchés sur les réseaux peer-to-peer, et quelques morceaux ont été postés par une poignée de mp3blogs… puis retirés. Un morceau des Decemberists a été retirés à la demande du groupe, qui explique sur Brooklyn Vegan pourquoi il s’est décidé à faire cela. Que l’on trouve ses raisons bonnes ou pas, il y a selon moi une chose à retenir : les mp3 blogs ont retiré les morceaux sans qu’on leur force la main, conformes ainsi à l’éthique qu’ils avaient vendu sur leur site. Quand on vous dit qu’on est des gens bien (pas tous, certes, mais une majorité)…

- Parlant de fuite, aurait-on là un morceau du Nouveau Daft Punk ? (descendez au 20 janvier. Oui, on est aussi taquins). J’espère que non.