A l’origine du rock’n roll, on trouve l’histoire du blues, des hommes Noirs qui décident de partir sur les routes avec des guitares, et défient leur avenir tout tracé pour mener de nouveaux styles de vie guidés par l’ambition et la liberté. L’un des premiers d’entre eux, et l’un des plus extraordinaires se nommait Robert Johnson.
Sur lui courent les anecdotes les plus folles, accréditées par une vie des plus chaotique qui les rendent plausibles. Ainsi raconte-t-on qu’il vendit son âme au diable à un croisement de chemins afin de devenir un virtuose. Et insista-t-on sur sa diabolique habileté à maîtriser la six cordes. Ce qui n’est pas forcément une mauvaise publicité. Horowitz lui-même fut affublé de ce sobriquet. Robert Jonhson était un être inquiet et secret, mélancolique à jeun et porté sur les femmes le reste du temps. Elles avaient d’ailleurs de la complaisance pour lui.
Johnson ne connut pas la réussite musicale, il était venu trop tôt et il mourut trop jeune mais il laissa une trace profonde de son passage que la mort couronna comme un destin : il fut empoisonné par un homme jaloux d’une femme volage.
Malgré la relative obscurité de cette vie qui échappa à la gloire du vivant du musicien, la postérité a retenu le nom du « génie maudit » et les Rolling Stones (les auteurs du trépidant « Sympathy for the devil ») ont appris à leur dépend que pomper un artiste même mort avait un coût, puisqu’ils furent condamnés par une cour californienne pour avoir utilisé les titres « Love in vain » et « Breakin’ down ».
Mais trêve d’histoires sombres et de talents foudroyés, pérégrinons vers des routes plus lumineuses quoique toutes aussi déchirantes avec « Amazing grace » de Carl Perkins, « Nobody knows » de Louis Armstrong et « Jesus » du Velvet Underground . Trois titres d’inspiration religieuse mais sans pudibonderie, loin des bénitiers et de leurs grenouilles et qui montrent que la spiritualité ne nuit pas à la beauté.





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