La chanson s’infiltre partout, ce n’est pas la moindre de ses qualités. Tous les styles musicaux, toutes les époques, ont leurs songwriters prêts à en découdre avec l’épreuve de la mélodie et du couplet-refrain, quitte à les dévergonder. Aujourd’hui j’aimerais m’intéresser à ceux qui, dans un passé proche, ont ouverts des portes… et même des portails dimensionnels …au format chanson. Quelques extra-terrestres, génies, ou rebelles, comme vous le souhaitez, qui ont ouvert une faille tectonique sous les pieds d’un genre trop galvaudé, le poussant à des accouplements peu orthodoxes.
Robert Wyatt – Sea Song (6,0 Mo)
Son album solo de 1974, Rock Bottom , considéré par beaucoup comme le principal chef-d’œuvre d’un rock exigeant durant les 70s, débute par ce morceau. Le ton est mélancolique, mais la composition est d’une grande liberté, lorgnant parfois du côté du free-jazz. Victime d’un grave accident, on le sait, quelques mois avant l’enregistrement de cet album, Wyatt a libéré sa musique de toute pesanteur : il est ici clairement à la recherche d’une certaine éternité.
Philip Glass & David Byrne – Liquid Days (part One) (4,4 Mo)
Le talent de Glass a toujours été d’apporter une grande émotion dans cette froideur conceptuelle qui fait partie des règles du jeu d’un minimalisme personnel qu’il s’est choisi. C’est particulièrement vrai de ses compositions du milieu des années 80, avec l’opéra Akhnaten (1984), et ces six chansons composées pour des paroles d’artistes « pop », Songs from Liquid Days
, sorti en 1986.
David Byrne signe les paroles de cette chanson symphonique d’une beautée épurée qui traverse intacte les époques. Cet album passe aux Etats-Unis pour le plus grand succès commercial de Philip Glass.
Colin Newman – Feigned Hearing (4,7 Mo)
Fraichement échappé de Wire, Colin Newman découvre les vertus de la mélodie dans un album de 1986 qui, comme son nom l’indique ironiquement, ne sacrifie aucunement aux principes « expérimentaux » (le vilain mot) et radicaux de son auteur : Commercial Suicide . Ce morceau, Feigned Hearing , avec ses synthétiseurs mal assurés et sa mélodie hautement mélancolique, virevolte au grand soleil là où d’autres, à la même époque, se contentent de ramper en attendant les jours meilleurs. Les fondations de la pop tremblent ici, pour ceux qui savent le percevoir.
Ce qui nous amène à la question attendue de savoir qui, aujourd’hui (à part Björk), procède du même esprit anticonformiste et tente de plier le format chanson à ses envies les plus désinhibées. Je serai curieux d’avoir vos idées.
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En 2005, vous aurez le plaisir de retrouver les billets de monsieur pas.longtemps , que vous avez pu découvrir ces deux derniers mois, en alternance avec les miens.
Bonne année musicale 2005, pleine de découvertes et de retrouvailles.





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