Pas Longtemps
Je crève d’envie de mettre Arcade Fire dans mon top 5, mais ça le transformerait en top 7, vu que c’est déjà un top 6… Alors, voilà l’affaire.
JULIE DOIRON – Goodnight Nobody (Jagjaguwar)
Enregistré en quelques jours à peine en la compagnie de Herman Düne, les chansons de cet album ont conservé toute leur fragilité, leur magie. La voix de Julie Doiron est magnifique et les arrangements de guitare vont droit au but, droit au coeur.
- Ecouter deux extraits / Acheter
VINCENT DELERM – Kensington Square (Tôt ou Tard)
Ah ce bon vieux Vincent Delerm, le bobo qu’on adore détester. On peut bien l’accuser de tuer la chanson française, d’être de la musique à papa, on peut voir ses ficelles ou pas, je le colle quand même dans mes favoris de l’année. J’ai flâné avec lui en lisant des quatrièmes de couverture
, j’ai fait des kilomètres de natation synchronisée
, et ça m’a fait tout drôle quand Keren Ann m’a avoué qu’elle voulait partir à Londres avec moi…
- Un extrait du DVD Les pelouses de Kensington , reportage sur l’enregistrement de l’album / Acheter
KEREN ANN – Nolita (Capitol)
Ce qui m’amène à Nolita
, dernier album de Keren Ann. Une écriture slow pop qui me touche particulièrement. On peut penser qu’elle commence à recycler la même recette, pourtant je trouve ça de mieux en mieux, et cet album new-yorkais est parfait pour la fin de l’automne et la première neige. Même si on l’entendra dans tous les coins plus ou moins hip comme l’a prédit Mystical Beast, ça m’étonnerait que je me lasse de Chelsea Burns
, par exemple.
- Deux extraits chez Mystical Beast / Acheter
PJ HARVEY – Uh Huh Her (Island)
Un peu étonné de ne pas voir plus l’album de Polly Jean dans les divers classements de fin d’année. C’est pourtant à mon sens un vrai retour aux sources pour elle, et un disque bien meilleur que son précédent, pourtant largement porté aux nues, Stories From the City, Stories From the Sea
. Enfin, Polly se remet au blues et ne se cache plus derrière une production un peu trop lisse. On peut aussi noter qu’il est assez rare qu’une artiste colle son visage en gros plan et pas forcément à son avantage, en couverture de ses disques. Combien d’artistes peuvent se retourner sur 12 ans (déjà) d’une aussi belle carrière?
- Ecouter tout l’album / Voir la vidéo de The Letter / Acheter
ARNAUD FLEURENT-DIDIER – Portrait du Jeune Homme en Artiste (French Touche)
Des textes drôles et intelligents, ironiques et touchants. Des chansons, au sens noble. Des arrangements majestueux lorgnant vers Michel Legrand ou bien le versant symphonique de Neil Hannon. Comme ce dernier à ses débuts, Arnaud Fleurent-Didier a interprété lui même la majorité des parties musicales de son disque, de la batterie aux cordes, de la basse fender jazz Melody Nelsonisante, à la guitare et à la voix. La chanson Vivre Autrement
, renversante.
- Ecouter Mon Disque Dort / Voir la bande-annonce du disque / Acheter chez French Touche
HAYDEN – Elk Lake Serenade (Loose Music)
Hayden, artiste canadien, distille son folk-rock incontestablement nord américain depuis plusieurs années. Son dernier disque comporte un parfait mélange de ballades au piano ou à la guitare, et de morceaux un peu plus upbeat, avec un groupe complet. On pense à Neil Young, mais pas trop longtemps, c’est juste pour donner une idée.
- Ecouter deux extraits dont le superbe Home by Saturday / Acheter
Ils ont failli y être, mais ils y étaient déjà, soit trop, soit juste pas assez:
Arcade Fire, Wilco, Cocorosie, Blonde Redhead, Beulah, Dominique A, JP Nataf, Daniel Darc, Luna, Badly Drawn Boy, Girls in Hawaii.
Vincent Noiray
ARNAUD FLEURENT-DIDIER – Portrait du jeune homme en artiste (frenchtouche – discograph)
Sorti initialement en 2003, réellement distribué en 2004, cet album est déjà un classique, avec des textes universels et un sens mélodique imparable.
- Ecouter Mon Disque Dort / Voir la bande-annonce du disque / Acheter chez French Touche
NEULANDER – Smoke + Fire (disko b)
Une impressionnante série de chansons tendues, un album d’électronique mélodique dense.
SUBTLE – A new white (lex – warp)
Dose one d’Anticon a créé là un hybride fantastique entre electronica, folk et rock puissant. Un chef d’œuvre.
- Ecouter F.K.O. / Acheter sur Amazon ou en mp3 sur Bleep
DIOS – Dios (startime)
Une année sans Grandaddy passée sans douleur grâce à cet album de pop psychédélique qui ne verse jamais dans le n’importe quoi.
- Ecouter You make me feel / Acheter
BLONDE REDHEAD – Misery is a butterfly (4AD)
Un album de cordes qui submerge l’auditeur. 4AD reprend des risques et ça marche !
- Ecouter Misery is a butterfly / Acheter
aKa
Exercice difficile auquel je me colle de mauvaise grâce mais avec l’honnête volonté de ne pas faire trop mal. Voici, donc, la sélection actuelle de ce que je me rappelle de 2004, dans le désordre de mes souvenirs…
DOMINIQUE A – Tout sera Comme Avant (Labels)
En 2004, Dominique A mit fin, plus tôt que prévu, à une retraite temporaire pour revenir en force et accoucher d’un album qu’on n’attendait pas (encore). Un disque osé, fort, plein d’intelligence et de trouvaille qui confirma encore une fois le statut du Sieur A : aventurier précurseur, cascadeur, homme à ne jamais choisir la facilité, mais à toujours le faire avec finesse, pertinence, bon goût et inspiration. Qu’il s’agisse de la musique ou des textes, tout deux motif de mon admiration.
- Ecouter Tout Sera Comme Avant (Real) / Acheter
KARATE – Pockets (Southern)
Une découverte pour moi, en rotation continue sur ma platine pendant des mois. Un « rock » qui louche sur le « jazz », un « jazz » qui louche sur le « blues », et au final un léger strabisme charmeur, livré sous la forme d’un album inspiré, doux et subtil. Servi par des musiciens d’exception et une voie qui n’est pas en reste.
- Ecouter un extrait de With Age / Acheter
ELENI MANDELL – Afternoon (Zedtones Records)
Après deux disques aux contours très arrêtés (« Country for lovers » et « Maybe, yes »), Miss Mandel revint à sa chère synthèse initiale, son éclectisme particulier. Et comme à son accoutumée, elle le fit avec une classe inégalable.
- Regarder une session live dans les studios de KCRW (Real) / Acheter
TOM WAITS – Real Gone (Anti)
Un tout grand album et sans doute le truc le plus zoulk de l’année. Que peut on encore vouloir dire sur Tom Waits qui ne semble pas déjà ressassé et convenu… Amen!
- Ecouter How it’s gonna end / Acheter
NICK CAVE & THE BAD SEEDS – Abattoir Blues/The Lyre Of Orpheus (Mute)
On pouvait craindre le pire, il est revenu avec le meilleur. On s’attendait à la suite hasardeuse d’un « Nocturama
» en demi-teinte, on a eu droit, pêle-mêle, à une bien belle giclé de chansons explosives, alternant titres sombres, éruptions volcaniques et moment de douce intimité. Un an plus tôt, Nick et ses acolytes nous avaient fait, sur scène, la terrible démonstration qu’il leur restait de très beaux restes. Ils semblent en avoir apporté la confirmation définitive sur cette double plaquette siamoise, joliment paquetée.
- Regarder le clip de Breathless (Real) / Acheter
GIRLS IN HAWAII – From Here To There (62TV Records)
Pour une fois, la surprise Belge de l’année ne vint pas d’Anvers sous la forme d’un énième groupe d’indie rock aux sonorités désormais convenues, mais bien plutôt sous l’aspect d’une véritable pop, sans autre prétention que d’être joliment jouée et composée par ce groupe de la région Bruxelloise. Un album sans complexe, qui dans la suite logique, et non moins heureuse, de son prédécesseur (« The Winter EP ») aura fait naître nombre d’espoirs et généré un enthousiasme qui, cet été, déborda très largement les frontières de notre plat pays.
- Ecouter Organeum ici / Acheter
KINGS OF CONVENIENCE – Riot On An Empty Street (Source)
Sérénité, calme, espaces, douceur : ça ressemble à de la musique brésilienne grand millésime. Ça en a l’aspect, la délicatesse et presque la saveur. Mais le cépage est nordique et la surprise totale. Vous l’aurez compris : voila un second album pour lequel je ne taris pas d’éloge.
- Ecouter l’album entier / Acheter
JOLIE HOLLAND – Escondida (Anti)
Second album ici aussi. Bien belle réussite également. Une prestation scénique parfois inégale mais dont les meilleurs moments furent d’une telle intensité qu’on en oublierait presque les faux pas (débuts difficiles). Et à l’écoute de l’album, c’est l’amnésie totale qui nous gagne, les louanges ne succédant désormais plus qu’aux louanges. Bref, encore de jolies choses et toujours de belles promesses d’avenir !
- Ecouter Old Fashion Morphine / Acheter
COCOROSIE – La Maison De Mon Rêve (Touch & Go)
La claque lacrymogène de l’année. Découvert en première partie de Blonde Redhead. Pas prévenu, pas préparé, j’ai pris la gifle comme elle est venue,sans crier gare. J’ai depuis cherché à reproduire l’expérience chez moi, un casque vissé sur les oreilles. L’effet produit par le disque, bien que légèrement différen n’en fut pas moins décontenançant et toujours aussi ravissant. Ces chansons sont belles comme autant de rêves en sucre d’orge avec des petits anges qui pleurent tantôt leurs tristesses, tantôt leurs joies. Snif, c’est beau.
- Ecouter Good Friday / Acheter
TV ON THE RADIO – Desesperate Youth, Blood Thirsty Babes (4AD)
« Ambulance » restera l’un des grands moments de l’année. L’album en compte plein d’autres, tous aussi réjouissants et indescriptibles. Très certainement, donc, l’album le plus boutit d’un groupe dont il reste quantité de belles choses à attendre.
- Regarder Staring at the Sun (Real) / Acheter
FRANZ FERDINAND – Franz Ferdinand (Domino)
Le tierce quinté le plus efficace et jouissif de l’année… jackpot et no comment!
- Ecouter le Fake ID Remix de Take Me Out / Acheter
THE RADIO DEPT. . – Lesser Matters (Labrador)
Belle découverte de cette toute fin d’année. Le collectif Suédois aux tendances aériennes n’en démord pas et nous livre un album splendide de bout en bout. Bref, voici l’inévitable outsider de dernière minute.
- Ecouter Why won’t you talk about it? / Acheter
THE ORGAN – Grab That Gun (Mint)
Flash de dernière minute : L’outsider de l’outsider… j’ai marché dessus y a quelques jours, ici-même…. je soupçonne Godspeed de l’avoir intentionnellement laissé traîner par terre. Depuis lors, ça me colle à la semelle, j’ai beau gratter, impossible de s’en débarasser. Ca m’énerve, ça m’obsède, j’en dors plus la nuit. Rien ne m’avait fait un tel effet en 2004. J’ai même eu le culot de dire que ça ressemblait à « The Smiths avec des nibards » : je ne me contrôle plus, je ne suis plus moi-même…
- Ecouter un live sur CBC Radio 3 / Acheter
Manur
Tâche difficile évidemment d’extraire 5 albums de tout ce que l’on a pu écouter dans l’année. Mais en laissant de côté ce qui a déjà été mis en avant par mes talentueux collègues, voici une liste ressérée, laissant de côté Piers Faccini , Joanna Newsom , ou encore les évidents CocoRosie et Arcade Fire .
SMOOSH – She like electric (Pattern 25)
Asya a 12 ans et joue des claviers, Chloe a 10 ans et prend en charge la batterie. Elles écrivent et chantent leurs propres chansons. Mais en fait ce prodige est probablement ce qu’il y a de moins intéressant dans Smoosh . Leur premier album, She like electric , est une réussite indie-pop époustouflante qui reprend les choses là où les Luscious Jackson les avaient laissé. Cat Power, Death Cab for Cutie et Rilo Kiley les ont fait jouer en support act . Faites-vous un beau cadeau pour les fêtes.
- Ecouter Massive Cure / Acheter ($10)
BJÖRK – Medúlla (Barclay)
Alors que les mauvais esprits commençaient à la cataloguer égérie bobo-arty et que les sceptiques doutaient de son concept 99% vocal, Björk
a présenté un album sans arrières-pensées, étonnamment libre et maîtrisé, jouant à la fois sur l’émotion et sur l’intellect comme elle est une des rares à savoir le faire. Medúlla
est un album plus adulte que les précédents, et son charme plus long en bouche est aussi plus assuré. La preuve que l’on peut écrire cinq lignes sur Björk
sans déballer les mots fée et Islande.
LAËTITIA SHERIFF – Codification (Naïve)
Quand Laëtitia sort sa guitare (basse), tous les garçons tombent sous le charme. On a connu la lilloise il y a quelques années tremblante de trac pour défendre un répertoire balbutiant et déjà renversant, on la retrouvait avec ce premier album en 2004, sûre d’elle-même et de ses chansons (il y a de quoi). Fragile et déterminée, sauvage et tendre, voilà Laëtitia réconciliant les contraires de sa voix hypnotique.
- Ecouter Codification / Acheter
KLUB DES LOOSERS – Vive la Vie (Recordmakers)
Quand on est tout blanc, qu’on habite à Versailles et qu’on a une légère propension à la loose, le hip-hop n’est pas l’option de carrière la plus prometteuse. Foin de préjugés, Fuzati a choisi de rapper et toutes ses galères y passent. Le Klub des Loosers , c’est la revanche mesquine des non-cools, le cri sans illusions qui répond à l’humiliation, le Klub c’est le Punk de 2004. Vive la Vie c’est aussi un écrin de beats bien envoyés et cette s… de Anne-Charlotte qui ne veut pas aller prendre un pot à la sortie de l’Eco. Bref, toute la vie suburbaine est dans cet album parrainé par les deux banlieusards-classe-moyenne archétypaux de Air .
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FLOTATION TOY WARNING – Bluffer’s guide to the Flight Deck (Talitres)
Lâchons tout de suite les noms des grandes influences de cet album : Grandaddy
et Mercury Rev
, et avouons-le d’emblée : Bluffer’s guide
ne révolutionne pas le genre indé-psyché dans lequel il s’inscrit. Mais il est drôlement bien foutu, les rêveries musicales qui le composent ayant une légèreté et une sincérité qui croît à chaque écoute. Un grand petit album.
Ils ont failli y être : Hopper avec A tea with D. , Migala avec La increible aventura , Laura Veirs avec Carbon Glacier , Magnus avec The body gave you everything , Vive la Fête avec Nuit Blanche , Alain Chamfort avec Le plaisir , Pernice Brothers avec Yours, mine and ours et les Scissor Sisters avec leur premier album.





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