Chryde
Les cinq premiers
ANIMAL COLLECTIVE – Sung Tongs (Fat Cat)
Ce fut un choc, une surprise. Je me suis amusé à décrire cet album comme celui de Simon et Garfunkel qui auraient vraiment pris de la drogue. Un disque de virées folles furieuses entre folk surexcitée et musique tribale, joies psychotiques où les voix ne disent pas grand chose, servant d’instruments hallucinés enivrés du son de percus vivaces et de guitares sèches hargneuses.
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COCOROSIE – La maison de mon rêve (Touch & Go)
Découvrir les premiers morceaux de Cocorosie, ce fut la même émotion que lors du Homecoming Queen
qui ouvrait le premier album de Sparklehorse. Une musique de fin d’après-midi paresseuse, ou de matins endormis, des chansons de délicatesse, qui donnent envie de regarder une fille paresser dans son lit sans rien dire. C’est un ailleurs, mais le plus intime des ailleurs.
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ARCADE FIRE – Funeral (Merge)
Ça peut paraître facile, l’album le plus hype du moment. Je l’avais même abordé avec scepticisme. Mais voilà. Depuis 15 jours, je ne cesse d’avoir ENVIE d’écouter cet album. Arcade Fire, c’est le Wall of Sound de Phil Spector en vacances chez Silver Mt Zion. Un chaos d’une grande clarté, une rare puissance émotive, un raz de marée sombre mais rempli de vie qui vous donne envie de crier toujours plus fort. Cet album, c’est un peu comme dans ces films où le héros en prend plein la tête, mais à la fin se relève et montre que merde, il va continuer à vivre.
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JOLIE HOLLAND – Escondida (Anti)
J’ai écouté ce disque un dimanche matin, je me suis senti bien. J’ai écouté ce disque un soir au coin du feu, je me suis senti bien. Jolie Holland donne l’ambiance : quelle que soit la couleur du ciel, vous avez l’impression qu’il fait chaud, qu’il y a plein de monde, des vieux qui vous raconteraient de chouette histoires, leur verre de whisky posé sur une petite table au bois vieilli. Des musiques d’un autre âge qui résonne très bien dans nos quotidiens.
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DEVENDRA BANHART – Nino Rojo (Yong Gods Records)
Devendrah, il faut le voir en concert pour encore mieux aimer ses albums. Parce qu’en concert, Devendrah vous fait tout : de la soul, des hymnes fédératrices, des élans pop, des rigolades reggae, des balades au coin du feu. Et puis vous réécoutez ses disques, il y a lui, il y a sa guitare, et vous vous rendez compte que ces balades sont plus que des comptines acoustiques, qu’elles renferment des milliers de secrets, qu’elles éclosent sans même vous le dire. Que dans ces arpèges, dans cette voix canaille, il y a toute la musique, il y a toute l’Amérique.
Mais aussi
WILCO – A ghost is born (Nonesuch)
Sans doute le temps a-t-il passé. Sans doute quelques morceaux m’ennuyaient. Mais il a raté de peu le top 5, cet album. Comme si on avait nettoyé le rock des années 70, pour juste en garder la sève, le piano et les guitare côte à côte, les mélodies déchirantes, et la voix, la voix de Jeff Tweedy. Elle a une vie, cette voix.
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THOMAS DYBDAHL – The great october sound (Glitter house)
Sans même avoir lu d’article, j’ai fait confiance aux quatre clefs de Télérama. Et à une pochette qui me parlait. Je ne regrette pas. Même s’il est parfois un peu trop léché, parfois un chouïa pleurnichard, cet album est un feu de cheminée, la bande son pour des soirées passées les yeux dans les yeu sans dire mot. C’est beau, c’est romantique. Et puis, au lieu des paroles, sur la pochette, il écrit comment il a écrit et enregistré les chansons. J’aime bien.
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SUFJAN STEVENS – Seven Swans
Pour prouver à tous ces fans de Ukulele que le banjo aussi c’est beau. Pour avoir l’impression de voir les plaines Américaines en hiver. Pour de la jolie mélancolie, pour l’Histoire qui semble porter ces chansons. Pour la belle modestie du tout.
SHUGO TOKUMARU – Night piece (Music Related)
Merci David Fenech pour m’avoir fait découvrir ces petites pièces d’orfèvrerie. Pour ce voyage en miniature, plein d’instruments qu’on imagine minuscules et merveilleux, cette voix fébrile et déchirante. N’ayez pas peur, achetez le au label, il est pas cher, et ils vous mette un mot dans l’enveloppe.
- Ecouter un sample de chacun des morceaux / Acheter sur Music Related
Pradoc
THE LIBERTINES – The Libertines (Rough Trade)
Ce disque est presque imparable, qui peut résister au charme et à l’énergie du jeune groupe anglais ?
- Ecouter l’album (cliquez sur Jukebox) / Acheter
INTERPOL – Antics (Matador)
Bien que ce second album d’Interpol soit inférieur au premier, ces new-yorkais sont à n’en pas douter un groupe qui compte.
- Video de « Slow hands » Acheter
LISZT – Années de pèlerinage par Nicholas Angelich
Superbe trilogie, parfaitement éditée et qui m’a fait aimer Liszt que je goûtais peu.
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HEXSTATIC – Master view (Ninja Tune)
Ils sont excellents en concert, leur disque est original. Ils mixent l’image et le son, Hexstatic est ma découverte electro de l’année.
- Ecouter des extraits / Acheter
NICK CAVE – Abattoir blues
Malgré les années, Nick Cave parvient avec ce disque à se maintenir dans le peloton de tête.
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Godspeed
THE LIBERTINES – The Libertines (Rough Trade)
Pas trop d’hésitation, c’est l’album que j’ai le plus épuisé cette année, aussi sautillant que touchant, aussi narquois qu’introspectif. Un classique, déjà.
- Ecouter l’album (cliquez sur Jukebox) / Acheter
ELECTRELANE – The Power Out (Too Pure)
Envoûtant, inventif tout en restant pop, le 2nd album protéiforme des demoiselles d’Electrelane comble les hautes espérances que le 1er avait déjà suscité chez moi. En espérant que le prochain soit encore mieux.
THE ORGAN – Grab That Gun (Mint)
Divine surprise que ce court 1er album rempli de chansons tristes et passionnées qui ont pénétrés mon cortex pour ne plus jamais en ressortir. J’ai encore du mal à m’en remettre.
- Ecouter un live sur CBC Radio 3 / Acheter
THE ARCADE FIRE – Funeral (Merge)
Hype amplement méritée pour ce 1er album majeur, foisonnant, flamboyant, tourmenté, nerveux et poignant du début à la fin.
- Ecouter Rebellion (Lies) / Acheter
KINGS OF CONVENIENCE – Riot on an Empty Street (Source)
Tendre, boisé, sensible et délicat… Je n’ai toujours pas trouvé mieux pour passer l’hiver au chaud.
BADLY DRAWN BOY – One Plus One Is One (XL Recordings)
Damon Gough continue de soigner comme personne nos petits bobos du coeur et de l’âme (et vive les bonnets en laine).
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JP NATAF – Plus de Sucre (Tôt ou Tard)
Il est arrivé par surprise, m’a consolé pilepoil quand j’avais besoin d’un disque comme lui et a une place à part pour un tas de raisons personnelles. Et tout simplement, c’est un très bel album dans lequel j’adore me perdre.
FRANZ FERDINAND – Franz Ferdinand (Domino)
Ils sont (plus) cool (que moi), plaisent aux filles, écrivent des tubes trépidants super efficaces et gagnent plein de thune. Et malgré tout ça, je ne les déteste même pas, incroyable…
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INTERPOL – Antics (Labels)
On n’atteint pas les sommets de Turn On The Bright Lights mais Interpol reste toujours impeccable, fiévreux et captivant.
- Vidéo de Slow Hands / Acheter
THE STREETS – A Grand Don’t Come for Free (679)
Ou comment j’accroche enfin au hip-hop avec cet impressionnant concept album aux allures de film social sur le morne quotidien des lads anglais ; Mike Skinner est un immense songwriter.
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ELLIOTT SMITH – From a Basement on the Hill (Domino)
“it’s just a fond farewell to a friend,
who couldn’t get things right… ”
Jamais Pareil
Je ne suis pas un traqueur de nouveautés, encore moins depuis que j’ai espacé mes lectures d’un hebdomadaire du rock autrefois fabuleux. Je picore sur internet, et mes envies ne m’ont menées que rarement vers 2004. Donc le palmarès ci-dessous n’a pas de signification autre qu’il s’agit là de bons disques de 2004, car je suis loin d’avoir tout écouté de 2004 en 2004.
BRIAN WILSON – Smile (Nonesuch)
Quoi, je triche ? Bon, un peu. Mais cette année, je n’ai rien entendu de mieux que la suite Child is the father of the man , qui commence par Wonderful pour se terminer par Surf’ up . Smile aurait pu rester à jamais un album inachevé. Alors applaudissons le miracle. L’album est nominé pour les grammy awards. Quelle belle revanche ce serait si il obtenait le grammy du « Best Pop Vocal Album » (mais pas celui du «Best Engineered Album », please).
- Voir un petit film de vingt minutes sur Smile/ Acheter
ELLIOTT SMITH – From a basement on the Hill (Domino)
Celui-là je l’ai acheté comme une évidence, sans réfléchir une seule seconde. Je suis entré chez le disquaire, il était là, je suis sorti avec, ça m’a pris 5 minutes. En revanche, j’ai attendu un bon mois avant de le mettre sur ma platine, le disque m’angoissait un peu. Et alors ? Il est très beau.
- Fondez à l’écoute de Pretty (Ugly before), puis [Achetez l'album-> http://www.amazon.fr/exec/obidos/ASIN/B0002U0O8Q/lablogotheque-21]
JOHNNY CASH – Unearthed (Mercury)
On continue dans la nouveauté joyeuse. Ce coffret noir magnifique contient une matière brute intemporelle, inaltérable, à la force à jamais intacte. Donc pas la peine de se précipiter : je le ressors de temps en temps pour en écouter un bout, une chanson, puis je referme le grimoire.
- Ecouter Hurt / Acheter
SILVERIO PESSOA – Bate o manca (Kitchenprods)
Un brésilien hirsute, du pays des cannes à sucre, au nord du brésil rend hommage à son ami, Jacinto Silva, chanteur de Forro, cocos et autres marchinhas. Le résultat très réussi, sans passéisme, m’a fait comprendre enfin ce dont parlait Claude Sicre lorsqu’il évoquait les liens de la musique des Fabulous Trobadors avec celle du Brésil. Et puis N°4 pour un concert étourdissant qui s’est terminé en farandole.
- Ecouter un extrait / Acheter
THE ARCADE FIRE – Funeral (Merge)
Le seul groupe de 2004 (avec TV On The Radio) dont la musique m’a électrisé d’emblée. C’est peu, mais pour un genre aussi vieux que le rock, c’est déjà beaucoup, finalement. Je triche un peu car je n’ai pas encore acheté l’album (c’est imminent!), mais il sortira en Europe en 2005 chez Rough Trade, et sur la foi du souffle extraordinaire de Wake up
et d’un concert entendu [ici-> http://www.bradleysalmanac.com/2004/11/live-arcade-fire.htm], N°5.
- Ecouter plusieurs titres / Acheter
Hors Concours : Les rééditions brésiliennes de l’année.
D’abord, la série Elenco
chez Universal, 17 albums d’un label mythique dont vous pouvez admirer les pochettes ici. Un son unique, un pan de l’histoire musicale du Brésil, lorsque la tradition était revivifiée dans la foulée de l’explosion Bossa-Nova par des jeunes gens comme Edu Lobo
ou Roberto Menescal
. Albums conseillés absolument : l’album de Nara Leão
et le groove baroque de Edu Lobo
sur Cantiga de longe
, une merveille. Pour un avis autorisé sur tout ça, Joe Sixpack
Ensuite, les rééditions Odéon
chez Emi : Marcos Valle
(indispensable), Joao Donato
(indispensable) et toute une série de bijoux, dans un registre pop-groove 70′s irrésistible, comme le bizarre Antonio Adolfo
(les fans de Stereolab apprécieront), ou Samba soul incandescente comme l’ultra rare et groovy Di Melo
.





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