Faute d’être capable de faire un choix plus restreint parmi tout ce que l’Espagne a produit d’excellente pop dans la dernière décennie, je vous emmène passer la quinzaine de Noël au delà des Pyrénées, pour y glaner des oranges synthétiques à poser au pied du sapin.
This week and the next one, we head off to Spain, where guitars and flamenco are not the whole story : there’s a great tradition of electro pop too, as here exemplified by tracks from Family, Fangoria and Astrud.
Fangoria Homenaje a Family (2003) : Carlos Baila (3,1 Mo)
Family Un soplo en el corazón (1993) : Viaje a los sueños polares (3,4 Mo)
Tout commence au début des années 80 pendant la Movida : une scène new wave émerge en Espagne, avec notamment Alaska, Carlos Berlanga et Nacho Canut. Ils forment divers groupes, apparaissant sous l’incarnation Dinarama dans le film de Pedro Almodovar “Pepi, Luci, Bom et les autres filles du quartier”. 10 plus tard, en 1993, Alaska est une star de la télé enfantine espagnole et continue à faire de la musique avec Nacho Canut au sein du groupe Fangoria, tandis que Carlos Berlanga est lui aussi devenu une icône à laquelle rend hommage le duo basque Family dans la chanson “Carlos Baila”, sur son unique LP Un soplo en el corazón
(Elefant Records). Grâce à ce disque, Iñaki Gametxogoikoetxea et Javier Aramburu (qui réalise par ailleurs les superbes pochettes des disques de La Buena Vida) s’imposent en 14 chansons comme les New Order espagnols : leur titre “Viaje a los sueños polares” devient le nom de l’émission indie-pop phare en Espagne et le cri de ralliement d’une nouvelle génération pop. Encore 10 ans plus tard, Carlos Berlanga est mort, et le mensuel RockDeluxe sort en guise de cadeau de Noël une compilation en hommage à Family où sont repris tous les titres de leur unique album : qui d’autre que Fangoria pouvait se réapproprier “Carlos Baila” et précipiter en 2’40 de parfaite pop de baile
20 ans d’histoire ?
Astrud Todo nos parece una mierda EP (2004) : No tengo miedo (4,1 Mo) et Hay un hombre en España (4,1 Mo)
On retrouve sur cette même compilation Homenaje a Family le duo barcelonais Astrud, dont la Blogothèque a déjà parlé : ils y livrent une version live iconoclaste et jouissive de “El Bello Verano”, bien dans la manière de leur insouciance revendiquée. Très prolifiques, Manolo et Genis ont publié trois disques en 2004 : Un Mystique Determinado, le LP Performance qui sort ces jours-ci sur le label Sinnamon, et en guise de copieux apéritif le EP 6 titres Todo nos parece una mierda dont je vous propose (grâce à la diligence jamais prise en défaut du jeune Vincent Noiray) d’écouter deux hits illustrant parfaitement la facilité d’Astrud à mêler espagnolades de pacotille, paroles de variétoche tongue in cheek et chant parfaitement sincère : “No Tengo Miedo”, version dance réenregistrée par Manolo d’un titre déjà présent sur Un Mystique Determinado , et “Hay un hombre en España”, qui donne l’impression de comprendre l’espagnol sans l’avoir jamais appris:
Hay un hombre en España que lo hace todo
Es el genio visionario que se invento el Colacao
Traduce los articulos de Le Monde Diplomatique
Feliz Navidad !





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