EPISODE 2 – FRANCE
Certes, j’ai connu Jérémie Jorrand avant de connaître sa musique. Nous avons ici un pied en territoire copinage. Mais lorsque j’ai découvert la musique de Jérémie Jorrand, j’ai redécouvert Jérémie Jorrand, que nous appelerons, à partir d’ici JJ. C’est plus court.
JJ ne chante pas beaucoup, il susurre, il murmure. Avec une voix grave qui peut faire penser (puisqu’il faut bien quelques repères) à celle de Théo Hakola et une guitare parcimonieuse qui elle fait penser à celle de Dominique A (mais cessons là les parrainages putatifs). Ses paroles sont des morsures qui font frissoner, des caresses qui brûlent, au choix, jouant de subtiles ellipses.
JJ n’a pas de disque. Il fait quelques concerts, ceux-ci sont rares mais exceptionnels. Car ce JJ, qui ne chante pas beaucoup, qui ne bouge pas beaucoup non plus, est une bête de scène qui s’ignore, roi de la répartie, de la petite phrase pince sans-rire immiscée entre deux morceaux. Ce qu’il y a de bien aussi (surtout, en attendant un disque), c’est que de chacun de ses concerts il garde une trace dans un délicieux carnet de bord, « à lire absolument ». Exemple, en Allemagne:
Il y a une belle écoute, beaucoup de plaisir pour moi, les yeux fermés, bien sûr, toujours, malgré moi, mais j’aurais aimé voir les gens me voir. Et je suis confiant, eu un peu mal au ventre, mais qui s’échappe bien vite et qui me laisse me lancer tête baissée dans une reprise casse-gueule de Hallelujah, qui fait toujours son effet, dans Un rock encore, aussi, bien libéré.
Et je balaie en un soir le souvenir de la semaine précédente.
Après je mange un kebab sur le trottoir.
Les kebabs sont bien meilleurs ici.
Et moins chers.
Ils ne les farcissent pas de ces frites grasses.
Vous conseiller des morceaux ? Oui, bien sûr : Les joues douces et Le temps des sourires. Et si vous êtes sur Lille, il sera bientôt au Biplan.





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