La Blogothèque

No Format !, CQFD

Le concept de ce label, No Format ! comme le dit son fondateur, Laurent Bizot , c’est «pas de couleur musicale a priori, […] un seul point commun, la qualité» .

Quelle qualité ! Le quatrième et dernier disque en date de ce label est rien moins que le splendidissime Solo piano du sieur Gonzales , que ce disque est tellement bien que même le Monde s’est senti obligé de consacrer une pleine page à son auteur. Deux morceaux en écoute , sur le site (fait par Gonzales) consacré à ce disque. Site où on peut aussi prendre un cours de piano avec l’Artiste.

Des trois autres, je n’en connais que deux : Swing – swing de Nicolas Repac et Toto Bona Lokua de Gérald Toto, Richard Bona et Lokua Kanza .

Swing – swing , c’est un peu comme si Saint-Germain avait bien tourné, en mieux, au lieu de se mettre à la musique d’ascenseur à chier pour bars branchés « lounge ».

En gros, il a samplé des big (ou pas, y’a aussi du Michel Portal, du Billie Holiday et la voix de Gene Kelly dans la légendaire scène de diction de Chantons sous la pluie) bands de jazz des années 30 et il a rajouté par-dessus quelques mignonnettes boucles électro.

Toto Bona Lokua , c’est un disque de comptines, la plupart du temps a cappella. Trois très belles voix, des arrangements tout simples, au final un disque vraiment original, très doux, très beau. Jackie Berroyer , dans une de ses chroniques pour l’excellent magazine Vibrations en dit « si je fréquentais un bébé, je lui offrirais cet album » . C’est vraiment ça, et c’est pas pour autant que les parents ne pourraient s’en délecter.

En conclusion, No Format c’est (très très) bien car :

– la démarche est intéressante, d’autant plus qu’ils sont « hébergés » par Universal jazz, ce qui démontre pour ceux qui en doutaient qu’il existe encore des gens intelligents dans ces machines à blé ;

– les pochettes sont hyper jolies, toutes faites par le même artiste, Jérôme Witz ;

– pis, bouquet final, ce sont vraiment des disques à écouter en entier. Alors j’entends déjà « sinon tous les morceaux seraient pas sur le même disque », mais y’en a plein, des disques inégaux, mal torchés, qui même s’ils comportent des plages bien déçoivent ne serait-ce que parce qu’en général les bons morceaux sont au début, et que ça fait un peu « tiens j’ai pas de quoi faire un bon disque, c’est pas grave je mets trois tubes au début et après je comble avec des daubes, comme ça en écoute rapide sur une borne à la fnac on croira que c’est du bon ». Donc, ça s’écoute en entier avec un égal plaisir du début à la fin, et j’insiste là-dessus car c’est de moins en moins courant.

No Format ! , allez- courez- volez-y, c’est bien, en plus le site est sobre et joli comme tout, et on peut y écouter des extraits des disques.