La Blogothèque

Pet Shop Boys

Oubliez tout ce que vous croyez savoir sur les Pet Shop Boys. Oubliez l’étiquette « années 80″ qui leur colle à la peau. Oubliez West End Girls, It’s a sin, Always on my mind. Oubliez aussi leur dernier véritable tube, Go West, et les images de stade auxquelles vous l’associez peut-être.

Plus que pour tout autre groupe sans doute, l’image que le grand public a des Pet Shop Boys est trompeuse. Au cours des années, le succès commercial a rarement récompensé leurs meilleures chansons, qui restaient souvent confidentielles. En conséquence, leur relégation au purgatoire des musiciens ringards est une scandaleuse injustice que je combats sans relâche, quitte à me laisser parfois emporter par ma fougue. Je pourrais multiplier les arguments à l’infini, m’émerveiller devant leur chef-d’œuvre Behaviour , discourir (comme ici) longuement sur Performance , leur tournée de 1991, vanter la qualité de leurs B-sides, expliquer en quoi Being Boring est la plus belle chanson de tous les temps, relever le subtil mélange de premier et de second degré qui parcourt leur œuvre, etc.. Mais ainsi lancé, je serais encore en train de maltraiter mon clavier que l’invité du week-end serait déjà en train de gratter à la porte. Je me suis donc fixé une contrainte arbitraire : n’utiliser que des morceaux postérieurs à 2000.

A cette époque, leur album Nightlife vient de sortir (peut-être connaissez-vous le très moyen New York City Boy , sorti à cette époque) et ils travaillent d’arrache-pied à Closer to heaven , la pièce de théâtre musical qu’ils vont monter quelques mois plus tard. Je n’ai malheureusement pas eu l’occasion de voir le spectacle qui, après une avalanche de mauvaises critiques, ne connaîtra qu’une carrière-éclair sur les planches londoniennes, mais je dois bien avouer que l’album reprenant les chansons qui en sont issues fut une franche déception. Comme c’est souvent le cas dans les comédies musicales, les acteurs chantent tout au premier degré, sans distance, et la production de Stephen Hague (que l’on a connu plus inspiré) semble directement inspirée de sa lecture du guide pratique « J’enregistre ma propre musique de supermarché. ». La qualité des compositions n’est pourtant pas en cause. Il existe ainsi des versions enregistrées par Neil Tennant qui permettent à ces chansons de se révéler. Je vous propose d’écouter Friendly fire (4,9 Mo) , un morceau où on reconnaît la patte de Craig Armstrong et qui aurait mérité mieux qu’une sortie en catimini sur un DVD-single. Bien que lié à la pièce, le morceau Run Girl, Run (1981 post-apocalyptic nightmare mix) (4,3 Mo) est encore plus difficile à trouver. Il s’agit d’une chanson attribuée à un des personnages de la pièce, Billie Trix (interprétée ici par Frances Barber) et qui était uniquement disponible sur un CD vendu sur place après chaque représentation.

Quelques mois plus tard, l’annonce que les Pet Shop Boys allaient enregistrer une Peel Session fut accueillie avec incrédulité par certains, mais elle sonnait aussi comme une petite revanche pour tous ceux qui souffraient de les voir cantonnés dans leur ghetto « pop commerciale plus très fraîche ». On peut penser ce que l’on veut de John Peel mais son patronage apporte encore un petit surcroît de crédibilité. De cette session, je vous propose le franchement irrésistible A powerful friend (3,2 Mo) . Je n’ai pas coupé les commentaires de John Peel à la fin du morceau car ils expriment assez bien ce que je pense : « To the handful of malcontents who felt that for some reason we shouldn’t have the Pet Shop Boys on the programme, if I told you they were something like « Eins Zwei Drei » from Mulheim, you’d think they were wonderful ». Les autres morceaux de cette Peel Session ont connu une sortie officielle sur l’album Disco 3 l’année dernière.

Après Release , un album acoustique avec Johnny Marr à la guitare, ils ont sorti en 2003 PopArt , une compilation de (presque) tous leurs singles qui fut annoncée par Miracles , une nouvelle chanson. En face B de cette dernière, on pouvait trouver une reprise de We’re the Pet Shop Boys (4,5 Mo) , la chanson en forme d’hommage écrite par My Robot Friend. Sans doute faut-il un brin d’auto-complaisance pour souhaiter interpréter une chanson écrite par d’autres en votre honneur mais ils s’en sortent très bien, sans doute grâce au voile d’ironie que la voix de Neil Tennant semble toujours tendre entre les textes qu’il chante et l’auditeur.

En bonus, puisque les fanfares et autres groupes folkloriques sont à la mode sur la Blogothèque, une preuve que les Finlandais aussi peuvent s’amuser.

Comme Internet est une chose formidable, on m’a appris que le groupe s’appelait Eläkeläiset et que le morceau répond au doux titre de Päivätanssit .

A la semaine prochaine.

This week we talk about the Pet Shop Boys. Of course everybody knows their biggest hits, be they the seminal ‘West End Girls’, the stadium favourite ‘Go West’ or the stomping ‘It’s A Sin’. But most of you probably don’t know much about their latest output. First you’ve got ‘Closer to Heaven’, the musical play for which they wrote the music, including the songs Run Girl Run and Friendly fire. Then we talk about their Peel Session from which we extract A Powerful Friend. Then we conclude this post with their recent double-CD compilation PopArt and the B-side of ‘Miracles’, which is a cover version of We’re the Pet Shop Boys, a song My Robot Friend wrote as a tribute to their work. There’s also a little Finnish extra .