Dans la grande familles des compositeurs minimalistes, je demande le vilain petit canard belge (ou flamand puisqu’il préfère ce terme).
Wim Mertens est surtout connu hors de Belgique pour avoir composé la bande originale du film Le Ventre de l’Architecte de Peter Greenaway, à une époque où les noms de Michael Nyman et Peter Greenaway semblaient aussi indissociables que ceux de Federico Fellini et Nino Rota. Une autre de ses compositions, Struggle for pleasure (3,1 Mo) , toute en boucles de piano et saxophones stridents, rappellera peut-être quelques vagues souvenirs aux téléphages puisqu’elle a connu sa petite heure de gloire chez les pubeux (bien que je sois incapable de vous dire pour quelles marques).
Pourtant, ce qui sépare le plus clairement Wim Mertens de toute la clique minimaliste, c’est l’idée saugrenue qui lui est venue en 1986 d’enregistrer des disques piano + voix où il joue et chante lui-même. Cette mise en danger du compositeur, assez inhabituelle pour une activité qui préfère en général l’ombre à la lumière, semble d’autant plus saugrenue que sa voix de fausset a de quoi décontenancer et provoque même chez certains une réaction de rejet immédiat. De plus, une ombre plane toujours sur les musiciens qui se lancent dans la musique néo-tonale au piano, celle du redoutable Richard Claydermann dont le nom tombe comme un couperet lorsque vous voulez faire découvrir ce genre de musique à d’autres. Ne vous laissez pas abuser. D’abord, Wim Mertens n’arbore pas un sourire Pepsodent quand il joue. Ensuite, aucune batterie synthétique ne vient s’incruster ici pour voir si Adeline n’y serait pas en bal(l)ade et, surtout, il n’a jamais employé la bande à Dorothée pour écrire et arranger ses partitions.
Son chef-d’oeuvre à mon avis dans le genre piano-voix est Stratégie de la rupture sorti en 1991, mais on peut aussi citer les albums A Man of no fortune, and with a name to come , et un live enregistré au Portugal Epic that never was , tous sur le label Les disques du crépuscule .
Je connais assez mal le reste de sa discographie mais je ne recommanderais pas chaudement ce que j’en ai entendu. Ses oeuvres pour ensemble instrumental m’ont toujours semblé rédhibitoirement pompières, notamment dans l’utilisation des cuivres, et inutilement longues (il a sorti il y a quelques années une trilogie répartie sur 3*3 CD). Ce n’est que dans le dépouillement de ses oeuvres pour piano et voix que je parviens à réellement l’apprécier.
Cet enthousiasme ciblé me permet de ne pas m’appesantir davantage et de conclure en vous proposant deux extraits de Stratégie de la rupture , Jaat (4,3 Mo) et Humvee (4,4 Mo). Si ces deux morceaux vous plaisent, sachez que tout l’album est du même niveau. Dans le cas contraire, j’essaierai de vous proposer la semaine prochaine quelque chose de plus entraînant.
Taken from the great family of minimalist composers here is the awkward Belgian nephew, Wim Mertens, best known for writing the score of the Peter Greenaway movie The Belly Of An Architect and composing Struggle for pleasure (3,1 Mo) , an instrumental track which has been widely used in advertisement. Here we also present two tracks from his piano+voice works, taken from his best album Stratégie de la rupture , Jaat (4,3 Mo) and Humvee (4,4 Mo).






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