Le 18 août, un premier internaute français était poursuivi pour contrefaçon parce qu’il avait téléchargé plusieurs gigas de mp3 sur les réseaux peer-to-peer. Un cas emblématique : un enseignant, musicien, qui achetait de la musique, téléchargeait ce qu’il n’avait pas les moyens d’acheter. Un citoyen lambda, pour qui il sera difficile de se défendre, et qui rentre pile poil dans le discours que l’industrie du disque veut faire passer : ça peut arriver à tout le monde, on veut vous faire peur.
On aurait pensé que la mobilisation serait forte face à une telle disproportion (l’internaute risque quand même 3 ans de prison et 300.000 euros d’amende). Mais à part les associations de consommateurs, les représentants des interprètes et quelques sites, pas grand chose.
Et puis ce matin, deux gamins, qui demandent aux journalistes de ne les appeler qu’après les cours, annoncent qu’ils se mobilisent. Ils ont montés audionautes.net, un site qui se révolte poliment, qui défend posément la passion de la musique face à l’hystérie de l’industrie :
La plupart des jeunes internautes sont désormais familiers des extraordinaires possibilités des réseaux pour accéder à la culture et à la musique (forums de discussions, chat, sites et réseaux d’échanges). Cette extraordinaire diversité culturelle n’existe pas dans les magasins et le prix exorbitant des CD ne permet pas à toute personne qui le souhaite d’avoir accès à autant d’œuvres. Les sites récemment ouverts à la vente de musique en ligne sont encore trop chers (il faudrait dépenser 5000 euros pour remplir un Ipod de musique !), leur catalogue est abusif et dépassé. Adeptes de la découverte musicale, les jeunes de ce pays sont désormais menacés par les procès que souhaitent intenter les majors du disque. Souvent mineurs, ces derniers savent que ce sont leurs parents qui vont trinquer à leur place. De plus en plus de témoignages sur le Net de saisie d’ordinateurs, de mise en garde à vue inquiète les fondateurs de l’ADA. Combien de temps avant que des écoliers ne se retrouvent devant les tribunaux ? Combien de temps avant que les contenus disponibles sur Internet ne soient soumis au contrôle systématique et à la bonne volonté de l’industrie
musicale ?
Ils ont monté une association, lancent des enquêtes intéressantes (sur la compatibilité des lecteurs mp3, sur le marché de la musique en ligne), et entendent défendre les internautes qui seront poursuivis dans les semaines à venir. Bref, c’est bien fait, c’est sérieux, et ils méritent tous nos encouragements : Audionautes





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