Les premiers prix de danse
Le vendredi, Spektrum offre un live entre electro et ska qui mélange allègrement une basse aux accents northern soul à des montées de synthé acides pour accompagner le chant d’une diva black à 1000 lieues de la pétasse électro de base. Du coup, la salle redécouvre instantanément ses instincts mods et les suit en faisant des bonds de joie. Un succès mérité.
Juste après, DJ Assault , l’une des têtes d’affiche de ce vendredi, remplit à craquer sa petite salle en vidant la grande scène. « Your momma is gay, your granma is gay, your auntie is GAY GAY GAY GAY GAY GAY GAY GAY » reprend en chœur un public transi. Seul inconvénient du set : comme d’habitude, au bout d’une demi-heure la salle sent comme le vestiaire d’une équipe de foot après prolongations. Ce qui ne décourage bien sûr personne.
Samedi, le suisse Headman (label Eskimo) livre un set electro à voix et synthé ultra efficace. De longs morceaux aux évolutions hypnotiques pour redonner envie d’aller faire un tour au Pulp.
Eux aussi originaires du vert pays du chocolat et des comptes à numéros, Seelenluft ouvrent leur live sur un convaincant plagiat de New Order qui dégourdit bien les jambes, et la suite de leur live se révèle d’un classicisme de bonne tenue. Un joli ‘souffle vital’.
À leur suite, Cylob réalise sur Traktor DJ un mix MP3 qui évolue progressivement de l’electronica “à écouter” à la tek minimale “à danser”, une tendance finalement assez peu présente cette année, mais qu’il illustre de manière sobre et élégante.
Les derniers morceaux qui font regretter d’être arrivé trop tard dans la salle
Un grand classique de Villette Numérique, puisque la pléthore de performances simultanées implique que rester dans une salle, c’est rater ce qui se passe dans les trois autres. Le pire étant bien sûr quand on arrive juste à temps pour saisir au vol un dernier morceau qui fait regretter de ne pas être venu une demi-heure plus tôt…
Ainsi, le vendredi, n’ai-je entendu du concert des vétérans new wave de TuxedoMoon que l’ultime « Desire » : leur présence sur la grande scène était peut-être un peu déplacée, mais leur version de ce titre transmettait à elle seule toute la mystérieuse intensité propre à ce groupe.
De même, samedi, j’aurais souhaité assister plus longtemps à la performance d’Otto von Schirach (une sorte de fou torse nu, toutes poignées d’amour dehors, hurlant sur du breakcore), et surtout à celle de Whitey : leur dernier morceau de punk hardcore ultra saturé, à la fois binaire et lyrique, et servi par une énorme présence scénique, a provoqué dans la salle un pogo débordant sur la scène, que le groupe laisse largement dévastée. À écouter sur leur premier EP, le bien nommé « Leave them all behind » (sont-ils fans de Ride ?), ou bien en se plantant devant la téloche pour attraper la pub Varta qui utilise leur titre « Non Stop » : bientôt en boucle sur NRG ?
J’ai rien vu mais on m’a dit que c’était bien
[[merci les Latus !]]
De bons échos circulaient vendredi sur Home video (qui faisait paraît-il penser à Jesus & Mary Chain et à Sarah Records), sur le live de Krikor et sur le mix de Felix Da Housecat assurant la présence de tubes pop sur le dancefloor (« Girls & Boys » de Blur, « Behind the Wheel » de Depeche Mode, et un Nirvana pour rappeler les 2ManyDJs de l’édition précédente…). Le live de Tekel , le mix de Chloé et la performance des Glimmer Twins belges ont aussi recueilli les faveurs de ceux qui les ont entendu.
Quant au hip hop, j’ai personnellement un peu de mal à accrocher avec ce type de musique, mais les gens qui aiment ça ont visiblement apprécié Fuckaloop
et Cool Keith
. Ah si, j’ai quand même vu The PuppetMastaz
, des muppets tordantes qui jamment sévère en pissant occasionnellement sur le public, ce qui fournit finalement un super concept de live (une video ici).
Les déceptions
On a jadis tellement aimé Chez Damiez qu’on ne va pas le larguer en lui envoyant un SMS, mais plutôt une poésie pour lui dire que
Sous le pont Mirabeau coulent la Seine
Et nos amours
Faut-il qu’il m’en souvienne (…)
Ni temps passé
Ni les amours reviennent
Quant à Original Hamster , il faut bien avouer que mettre une voix vocoderisée sur un fond musical genre « Kompakt pour les nuls » est peut-être bon pour un hamster, mais aucunement original.
À signaler enfin, l’effort manifeste des organisateurs pour remédier aux petits défauts de l’édition précédente (il y avait cette année des points rafraîchissements en nombre suffisant et une déco digne de ce nom), mais aussi la curieuse désaffection du public pour la soirée du samedi : toujours la même histoire de la confiture et des cochons ? Par mansuétude, on attendra la prochaine édition dans deux ans avant de trancher…





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