La Blogothèque

L’ami De Roubaix

Depuis quelques années, un nom oublié refait surface, celui de François de Roubaix, compositeur de musiques de films, synonyme de deux massues générationnelles, Chapi Chapo et la Scoumoune . L’un est consommé sous forme sonnerie de portable, l’autre utilisé comme clin d’œil musical dans une publicité qui propose de jouer aux morpions avec sa voiture. Deux exemples qui traduisent l’impact durable d’un compositeur à part.

En seulement dix ans d’activité, François de Roubaix a marqué de manière indélébile l’univers sonore des années 70. Avec sa manière d’autodidacte, il a expérimenté, tâté de l’orchestre et du Home-studio, composé une œuvre marquée par l’imagination et la vitalité. Explorateur de nouveauté, ouvert à tous les mélanges, il a truffé ses musiques de films de borborygmes synthétiques à une époque de pionniers où les synthétiseurs étaient analogiques et capricieux. L’univers de François de Roubaix est un univers de trouvailles, de surprises jouissives, de thèmes indélébiles.

Hors des chemins balisés, François de Roubaix l’est aussi par sa filmographie. Nulle trace de réalisateur majeur, de film essentiel, hormis peut-être Le Samouraï , de Melville , mais une foison de collaborations avec des cinéastes aussi peu estimés que Robert Enrico ou José Giovanni . C’est pourtant de ces collaborations que sont nées quelques unes des plus mémorables Bandes Originales sorties en France. La Scoumoune est de celles-là.

La musique de La Scoumoune , François de Roubaix l’a enregistrée seul, dans son « laboratoire », son Home-studio de la rue de Courcelles. C’est là qu’il a concocté ce thème à la mélancolie inoubliable où le synthétiseur côtoie la guimbarde et l’orgue de Barbarie. Sur Intrusion des racketteurs noirs dans les maisons closes de « La ficelle » et « L’élégant » , piano bastringue et rythmes étouffants se succèdent pour une pièce d’une modernité étonnante.

François de Roubaix ne s’est pas limité au cinéma. Il a multiplié musiques de téléfilms et génériques de séries pour la télévision. Avec lui j’ai eu l’impression de découvrir le compositeur de la BO de mon enfance. Un thème m’avait marqué, celui de Commissaire Moulin . Il me clouait littéralement au fauteuil lorsque j’avais 8 ans, dans un mélange d’inquiétude et d’excitation.

A la mort de François de Roubaix sont sorties trois compilation, Les plus belles musiques de François de Roubaix Volume 1 , 2 et [3-> http://www.tigersushi.com/site/frameset.jsp?page=Rcd.jsp&RcdId=2781]. [Ce dernier volume-> http://www.francoisderoubaix.com/temoin/pellis/pellis.htm], plus mythique que l’album N°5 de Gaston, n’a jamais été réédité en CD. Il contient des projets personnels et explore a priori la facette la plus expérimentale du travail de François de Roubaix. Certains morceaux du disque, destinés à l’époque à un documentaire de Cousteau qui finalement les refusa, viennent d’être réédités sur [Le Monde Electronique

de François de Roubaix -> http://www.francoisderoubaix.com/disco/pag/electr.htm]. Les [Troublemakers -> http://www.avoir-alire.com/spip/article.php3?id_article=5149], qui sont de grands fans, ont samplé L’antarctique : Rencontre avec le Skua (Pat Benj sur le Volume3 ) sur leur dernier album, Express way . [Le bocal-> http://www.c-jamaispareil.com/Troublemakers - le bocal.mp3 ] est un régal.

This post deals with François de Roubaix, one of the most inventive french soundtrack composer. With his amazing juxtapositions of acoustic and electronic sounds, he has defined the modern sound of the 70′s .