Un disque, deux critiques, trois possibilités

Ils font tout tellement bien que c’en est irritant, qu’en les écoutant on a l’impression désagréable qu’ils ont tout calibré, que tout ce bricolage, cette musique conçue dans un magasin de bric-à-brac, sonne exactement comme il faut. Tout est là : il y a un ukulélé, il y a du violon, un harmonica, et puis plein de petits instruments qui rentrent peu à peu et donnent l’impression qu’ils sont 50 sur scène, il y a un type qui siffle, il y a des chœurs tout comme il faut, tantôt en contrepoint et tantôt en renfort. Bref, si quelqu’un devait écrire une bible de la bonne chanson folk en 2007, demander à Noah & The Whale – c’est leur nom – ne serait pas complètement aberrant.

Moi-même, à propos de Noah & The Whale il y a quelques mois sur la Blogothèque

You’ve got your quirky, mostly sprightly arrangements : acoustic guitar, ukulele, banjo, glockenspiel, handclaps, fingersnaps, strings, horns, eccentric percussion... the full Sufjan Stevens. You’ve also got your trite generalities, ridiculous philosophical musings, utterly banal narrator, and, most damningly, no recognizable sense. of. humor. at. all. This is twee pop you might order in a kit, ask Dad to put together, and then leave on a shelf for the dust to cover up (the sooner the better).

Marc Hogan, à propos des mêmes sur Pitchfork

C’est assez fascinant de voir comme nos deux articles soulignent exactement les mêmes éléments (la référence à Wes Anderson et à Sufjan, en premier lieu), listent les mêmes ingrédients et s’attardent sur les mêmes défauts, aussi (les paroles faiblardes) ... et pourtant concluent de manière diamétralement opposée : une condamnation rapide et sans appel d’un côté, la promesse derrière les maladresses de l’autre.

Peaceful, The World Lays Me Down obtient un piètre 2,6 sur P4K alors que nous avons programmé la bande à la Soirée à Emporter #2 et que nous les avons tourné en Concert à Emporter ...

Photo : Neil365

le 6 octobre 2008 par Garrincha
commentaires •

Un disque, deux critiques, trois possibilités

les gens de pitchfork sont tres snob... ils pensent qu’ils sont la meilleure chose du monde....

Répondre à ce message

7 octobre, par un courageux anonyme

RE : Un disque, deux critiques, trois possibilités

Bon, le problème chez pitchfork c’est que sous prétexte d’avoir plutôt bon goût, ils finissent par chroniquer dans une perspective bourgeoise bohême encanaillée, très Télérama et nostalgique (genre une note hallucinante pour le dernier de All Girl Summer Fun Band qui ne passe pas, selon moi, d’une little band from Portland) ce qui en fait l’autorité évangélique pour beatniks pressés de consommer du hype ! Je ne dénigre ni leur objectivité (relative) ni la qualité de leur travail (un peu surévaluée) mais de la à traverser l’autoroute les yeux bandés pour leur faire plaisir...

Répondre à ce message

7 octobre, par Dar

RE : Un disque, deux critiques, trois possibilités

Peut-être. Je ne suis pas persuadé que l’intégralité des gens qui écrivent pour P4K se lèvent le matin en se disant "il faut que j’écrive un truc qui plaise au bobo de moins de 35 ans" ... mais bon ... En tout cas, on voit bien là la part de subjectivité en tout cas, puisqu’on part du même constat objectif pour conclure de manière complètement différente.

Répondre à ce message

7 octobre, par Garrincha

RE : Un disque, deux critiques, trois possibilités

Tu as quand même réussi à parler des bobos, des beatnicks, à citer Télérama et utiliser le mot hype dans la même phrase... Dommage que tu aies oublié hipster ;)

Répondre à ce message

8 octobre, par Chryde

Un disque, deux critiques, trois possibilités

If anyone is succumbing to generalities its Mr Hogan, who took the liberty of immediately grouping the band into genre then comparing them to already well established artists. The entire review reeks of improfessionalism. God forbid anyone use the same instruments as Sufjan Stevens ! A good reviewer considers the art in question in terms of aesthetics and emotion, not whatever is comparable.

Do I even need to use impressionist artists as an example ?

Répondre à ce message

7 octobre, par Alex

Un disque, deux critiques, trois possibilités

Pitchfork was and still is one of the references in the underground/alternative/independant music but it is not the Bible !!! Their ratings are sometimes surprisingly ridiculous !

Répondre à ce message

7 octobre, par magali

Un disque, deux critiques, trois possibilités

Wes Anderson et Sufjan Stevens sont les mamelles de la critique branchouille cette année ... voire même une tarte à la crème, un poncif. Il y a quelques années on avait aussi eu droit à :

- une ambiance à la David Lynch (en gros : cela voulait dire que le disque était cinématographique et un peu flippé)

- "il a opéré un virage éléctro". je vois mal un critique parler de virage de la guitare vers le piano...

enfin bref, rien de très surprenant

Répondre à ce message

7 octobre, par un courageux anonyme

RE : Un disque, deux critiques, trois possibilités

Je sais pas si c’est tarte à la crème à ce point. Noah & The Whale a certes un côté convenu, mais bon, si je pense au cinéaste et au musicien qui m’ont le plus marqué ces 5 dernières années, Sufjan et Wes sont probablement les premiers noms qui vont me venir à l’esprit. Mais bon, je suis un sale bobo hip qui lit Télérama...

Répondre à ce message

8 octobre, par gab

Un disque, deux critiques, trois possibilités

Pitchfork critique tout de la même façon : pour qu’un disque soit bon, il faut qu’il mélange savamment un coté avant-gardiste et un coté pop accessible, sans quoi ça ne marche pas, c’est plat (lorsque le coté pop est appuyé) ou frimeur (lorsque c’est trop expérimental). Bref, mettre un zero à NYC Ghost and Flowers est la preuve de leur snobisme (disque que je n’aime pas trop au demaurant...).

Répondre à ce message

8 octobre, par ranaldo

En ce moment vous écoutez :
LE PLAYER
play
 
 
precedant suivant stop
liens  |   contact  |   à propos  |   design powered by