Istanbul. Juillet 2014. Erdal Erzincan nous attendait à l’angle de la Bağdat Caddesi et de la Cengiz Sokak. C’était au cœur de Maltepe, un quartier résidentiel de la rive orientale d’Istanbul, à l’écart des zones plus touristiques et plus huppées de Kadiköy. Il est d’ailleurs coupé du reste d’Istanbul par un énorme échangeur autoroutier qui est tout autant une frontière géographique qu’une frontière symbolique. On la franchirait en taxi, après quelques tentatives infructueuses en bus. Il nous faudrait longer une avenue assez large bordée de commerces pour se retrouver là, devant son atelier et à deux pas de son école. Sur la colline, derrière, on apercevait des ensembles d’immeubles bétonnés qui contrastaient avec la façade horizontale du bord de mer, ses restaurants de poisson et sa vue sur les îles du Prince. Sur les pentes, les voies se faisaient plus serpentines et le quartier déroulait les éléments d’un urbanisme familier tel qu’on le retrouve dans les banlieues de partout : des parkings pour automobiles, des rangées d’arbres longs et étirés entre les blocs ou le long de la route. Pourtant on était à Istanbul, cela ne faisait aucun doute. Et on s’apprêtait à rencontrer l’un des grands maîtres de la musique turque contemporaine.




